23 octobre 2008

Argentine: San Rafael, Las Lenas, Malargue

Lundi le 20 octobre, nous avons visité la ville de San Rafael, une belle petite ville propre, qui n’était pourtant pas mentionnée dans le Guide Lonely Planet. Nous avons bien aimé la Bodega Bianchi, où l’on fabrique du champagne (quel plaisir de boire un champagne délicieux pour la fête de Pierre) et aussi la fabrique d’huile d’olives qui opère depuis presque 80 ans (ils ont même un musée sur place avec les appareils de l’époque). Nous avons pris la route pour nous diriger vers le Chili, et nous avons campé peu après la Salinas Diamante, sur la route 40. Le lendemain matin, nous avons pris la route pour la station de ski Las Lenas, qui vient tout juste de fermer pour la saison, et nous avons admiré les belles montagnes blanches qui jalonnaient la route. Juste après Los Molles, nous avons admiré deux cratères très profonds emplis d’une eau turquoise, les Pozos de las Animas (Puits aux Esprits), et naturellement, Las Lenas, la station de ski huppée, était à la hauteur. J’ai trouvé que cela ressemblait un peu au Mont-Tremblant (casino, bars, condos ultra-modernes, restaurants, etc.), mais avec des montagnes encore plus impressionnantes. Nous nous sommes ensuite rendus à Malargue, et nous sommes arrêtés au bureau de touristes pour prendre des informations. Après le dîner, nous avons pris la route vers Castillo de Pincheira, des formations géologiques en forme de château anglais. Pour s’y rendre, il faut emprunter une piste caillouteuse de 27 kilomètres, et comme nous avons vu tellement de canyons et de formes géologiques de toutes sortes depuis le début de notre voyage, nous n’avons pas été spécialement impressionnés. Nous pensions nous diriger vers le Chili en passant par le Paso Pehuenche, mais des policiers (barrage sur la route avant d’entrer à Malargue), nous ont expliqué qu’il était fermé jusqu’en décembre (neige et glace sur la route en raison de l’altitude). Au bureau de touristes, on nous a confirmé que cette frontière était infranchissable présentement. Nous avons donc changé un peu nos plans (nous avions liquidé la nourriture car tous les produits frais, viandes, charcuteries, fromages, etc. sont interdits pour entrer au Chili), et nous sommes retournés faire un marché. Nous nous sommes ensuite installés à la Digue Bras Brisoli, à une dizaine de kilomètres du sud de la ville. Nous n’avons rien fait de spécial pour notre anniversaire de mariage (deux ans déjà), si ce n’est que j’ai fait des “rib steaks” avec une sauce au poivre et des pommes de terre en purée pour souper! Mercredi matin, le 22 octobre, nous avons décidé de nous installer au camping municipal de Malargue. Nous prendrons une journée de repos avant de décider de notre itinéraire… Cela fait du bien de s’arrêter et de profiter de l’eau chaude et de l’électricité de temps en temps! Pierre est allé faire un tour en ville pendant que je plaçais les photos sur l’ordi. Je préfère ranger les photos et les numéroter au fur et à mesure, mais c’est un travail de moine. Je m’occupe des repas, du ménage et des photos, alors que Pierre s’occupe de la conduite automobile et du véhicule. Il adore conduire, alors que ce n’est pas vraiment un plaisir pour moi de vaquer à mes tâches quotidiennes. Nous faisons cependant les courses et le lavage des vêtements ensemble… Demain nous nous dirigerons vers le Chili. La prochaine frontière ouverte est à environ 500 kilomètres d’ici. Nous voulons prendre notre temps, car nous avons encore de la nourriture à liquider. Certaines frontières surveillent surtout les légumes, les fruits, les produits laitiers, la charcuterie, les fromages et la viande, alors que d’autres proscrivent aussi les épices, le miel, les soupes en sachets, les fruits secs, les noix, etc… Un beau bonjour aux amis(es) et bien sûr à la famille. Au plaisir!

20 octobre 2008

Argentine (El Trapiche, San Luis, Canyon Atuel, San Rafael, Digue Los Reyunos)

Nous nous sommes rendus à El Trapiche lundi en fin d’après-midi, et nous avons trouvé un endroit superbe pour camper, au bord d’un très grand lac bordé de saules, un endroit où nous étions seuls parce que le printemps n’est pas encore la saison idéale pour camper selon les Argentins… Pierre en a profité pour vérifier le dessous de l’auto, solidifer certaines connexions et revisser l’amortisseur de camion adapté récemment pour notre véhicule, tandis que je m’occupais de la lessive. Nous serions bien restés une autre journée à cet endroit paradisiaque, sauf que nous n’avions plus de nourriture, ou très peu (Pierre n’avait plus de bière non plus!) Malheureusement, au village d’El Trapiche, les magasins étaient fermés (c’est un village très touristique, alors j’imagine qu’ils ne fonctionnent à plein qu’en haute saison). Nous avons donc continué vers San Luis, et nous avons fait notre épicerie, imaginez, dans un Wal-Mart! Nous n’osons pas trop acheter des fruits et des légumes, parce que d’une province à l’autre, il est interdit d’importer ces denrées, spécialement dans la province de Mendoza. Et naturellement, il y avait un contrôle sanitaire à l’entrée de la province: fumagation obligatoire et inspection du véhicule… Nous avons ensuite continué vers San Rafael, et nous avons demandé des infos sur le canyon Atuel, dans la Vallée Grande. On nous a aussi donné des directions pour le camping Familiar Christino, et nous avons réussi finalement à le trouver, après avoir tourné en rond pendant quelques kilomètres (10 pesos pour la nuit pour nous deux). Samedi matin (18 octobre), nous avons décidé de laver notre douillette, qui n’était plus du tout blanche, les draps, l’auto, le moteur, les vêtements, etc. J’ai ciré l’auto pendant que Pierre lavait le moteur, nettoyait les bougies, ajustait le cap distributeur, etc… Une bonne journée de nettoyage! Nous nous sommes baignés dans la rivière juste avant le souper, et en soirée, une averse de grêle a fait fuir certains des campeurs, alors il n’est resté qu’une autre famille en soirée. Dimanche le 19 octobre, nous sommes partis tôt (après une douche froide), et nous avons fait la route du Canyon Atuel, un endroit absolument magnifique. Nous avons voulu voir la dune de sable qui pourrait être le lieu de la course Paris-Dakir en 2009, mais nous avons fait 40 kilomètres de trop sur une route de terre, et lorsque nous avons finalement trouvé la piste, le chemin de sable pour s’y rendre était exécrable. Nous avons rencontré un camion Toyota 4x4 tirant un Dune Buggy, et les gens nous ont conseillé de ne pas nous aventurer plus loin. L’homme de Mendoza nous a expliqué que son Dune Buggy avait cassé et qu’il avait aussi passé plus d’un avant-midi à déprendre son Toyota! Nous avons rebroussé chemin, mais nous nous sommes embourbés deux fois. Heureusement, les 2 gars nous ont poussé, et nous avions aussi nos Traction Aids (ils les vendent pour la neige, mais nous nous en sommes servis dans le sable et cela semble fonctionner). Nous avons continué vers les digues El Tigre et Los Reyunos, et nous nous sommes installés au bord de la digue Los Reyunos pour la soirée. Lundi matin (20 octobre, fête de Pierre) nous sommes revenus à San Rafael pour téléphoner à sa famille et pour faire certains achats... Nous pensons passer au Chili dans les prochains jours. Au plaisir!

16 octobre 2008

Argentine: Parc Talampaya, Chillecito, Cordoba, Alta Gracia, Merlo

Au camping d’Ischigualasto, nous avons rencontré Elk, un professeur allemand à la retraite et voyageant seul. Nous avons discuté avec lui autour d’une bonne bouteille de vin, et nous avons pu admirer son camping-car, une Land Rover 1992 aménagée par un de ses amis en Allemagne, et alimentée au moyen de trois panneaux solaires. Comme son frigo ne fonctionne pas au propane, seulement avec la batterie ou l’électricité, il coupe le contact pour la nuit et n’a jamais perdu aucun aliment… C’est toujours insctructif d’apprendre comment d’autres voyageurs sont installés! Mercredi matin (le 8 octobre), nous nous sommes dirigés vers Talampaya, un autre parc renommé pour ses paysages de canyons en grès rouge. Là, il faut stationner à l’entrée du parc et aller au canyon avec un tour organisé, en autobus. L’entrée au parc est de 20 pesos par personne et l’excursion est de 45 pesos pour deux heures trente. Il y a même une excursion à 70 pesos, mais cela ne permet pas de voir tellement plus. Nous aimons faire les choses à notre propre rythme, alors disons que si nous avions eu notre véhicule, nous nous serions arrêtés plus longtemps à certains endroits, mais cela n’est pas permis, il est interdit d’entrer dans le parc avec son véhicule. Nous avons retrouvé Elk au courant de la journée, et il a eu la même impression que nous. Nous avons profité de notre séjour au camping pour remplir d’eau potable et pour prendre une bonne douche chaude. Le parc Talampaya me rappelle beaucoup le parc Zion en Utah, mais en moins spectaculaire. Jeudi le 9 octobre, nous sommes repartis pour Chillecito. Un autre barrage sanitaire (fruits et légumes) à l’entrée de Pagancito, et ensuite, une route superbe, très tortueuse, en terre la plupart du temps, mais avec ces canyons rouges magnifiques tout autour! Nous avons dîné à Chillecito et nous nous sommes arrêtés à l’épicerie et à une boulegerie. Nous avons visité une autre Bodega: la Riojana, une coopérative où travaillent plusieurs personnes originaires de Chillecito, puis nous nous sommes rendus à l’ancienne fonderie du village Santa Florentina, à 8 kilomètres au Nord-Ouest de Chillecito. En début d’après-midi, nous sommes retournés sur nos pas pour nous diriger vers Cordoba, mais un bloquéo nous empêchait de passer… Les manifestants faisaient brûler des pneus sur la voie. Heureusement, le tout s’est terminé vers la fin de l’après-midi, et nous avons poursuivi notre route en nous arrêtant à Patquia pour dormir. Vendredi le 10 octobre, nous nous sommes rendus à Capilla del Monte (un petit village où plusieurs jurent avoir vu des OVNI, mais il faut dire que les herbes médicinales qu’ils fument resssemblent à du pot!) Nous avons ensuite continué vers Cuchi del Corral, un endroit magnifique, pas touristique du tout, où les jeunes viennent de temps en temps faire du parapente. Nous avons eu droit à une superbe envolée de 12 personnes, mais malheuresement, le deuxième groupe n’a pas pu décoller, le vent n’étant pas de la partie. Samedi matin (11 octobre), nous sommes partis vers huit heures, et nous avons fait faire un changement d’huile à la Falda. Pour le changement d’huile à transmission il nous faudra attendre à mardi à Cordoba, puisque tout est fermé d’ici là, Oktoberfest oblige… Nous nous sommes rendus à la Cascada Oléan, à 20 kilomètres de Falda par une route de terre, et nous avons décidé de nous installer ici pour camper, puisque l’endroit est absolument magnifique! Comme il pleuvait dimanche matin (12 octobre), nous avons décidé de retourner à Falda et de visiter les environs. Nous avions pensé de voir le musée de trains miniatures, mais comme les prix avaient doublé depuis un an (on parlait de 5$ dans le guide Lonely Planet 2007), nous avons décidé de laisser tomber. Nous avons visité Cosquin, mais comme il pleuvait et que la visibilité était nulle, nous n’avons pas vu grand-chose, la montagne étant cachée par les nuages… Nous avons marché dans la rue piétonnière de Villa Carlos Paz, admiré l’horloge Coucou (pas aussi imposante que celles de Munich c’est certain), et nous nous sommes dirigés vers Cordoba. Nous avons finalement trouvé, après plusieurs tentatives infructueuses, le camping municipal, et nous nous sommes installés pour la soirée. Un militaire nous a recommandé de faire attention dans la ville, qui semble-t-il est peu sécuritaire pour les touristes, plusieurs attaques au couteau ou à main armée ayant eu lieu récemment. Nous sommes restés deux nuits au camping, puisque lundi (13 octobre) était un jour férié. Nous avons revu les deux jeunes Français que nous avions rencontrés à Salta. Ils possèdent un Combi Volkswagen 1980, qu’ils ont acheté en Argentine, et ils nous ont raconté les nombreux problèmes mécaniques auxquels ils ont fait face. Tout comme nous, ils sont sortis de la Bolivie juste avant les émeutes et les manifestations… Ils veulent vendre leur Combi à Buenos Aires et remonter jusqu’en Guyane Française pour travailler (ils sont infirmiers), et présentement, ils ont un problème de pneus. Espérons que tout ira bien pour eux! Mardi le 14 octobre, nous sommes partis sous un ciel pluvieux du camping de Cordoba, et nous nous sommes retrouvés dans la ville de Carlos Paz, alors que nous croyions être en banlieu de Cordoba. Nous avons fait le même circuit plusieurs fois pour trouver un mécanicien, et finalement nous nous sommes arrêté au Lubricentro Carlos Paz. Ici, un litre d’huile à transmission coûte environ 25$. Alors pour deux litres et demi, avec le temps, cela nous a coûté à peu près 90$ ! Après le dîner nous nous sommes rendus à Alta Gracia, la ville ou Che Guevera a passé son adolescence... Son père un Irlandais protestant, Ernesto Guevara Lynch, et sa mère, une Espagnole catholique, Celia de la Serna, venaient tous deux de familles aisées de Buenos Aires. Après le mariage, M. Lynch a acheté 70 000 hectares dans la région de Misiones, alors ils ont fait 15 jours de bateau sur le Parana (alors que Celia était enceinte de 3 mois) pour venir s’installer dans la jungle. Un voisin anglais les a hébergés pendant les cinq mois qu’ils ont mis à la construction de leur maison. Ils ont dû se rendre en bateau jusqu’à Rosario où Celia a accouché d’Ernesto Guevara le 14 mai 1928, avant de revenir à Colonia Caraguatay dans la province de Missiones. Très vite, on découvre qu’Ernesto souffre d’asthme sévère. Et comme l’on croyait à cette époque qu’un climat sec était préférable pour les asthmatiques, la famille déménage donc à Alta Gracia, près de Cordoba. Ernesto Che Guevera jusqu'à l'âge de 19 ans, puis il s'installera en 1947 à Buenos Aires pour étudier la médecine. En 1949, il fait un voyage à vélo en Argentine, c’est son premier contact avec les opprimés du pays. Le 20 décembre 1951, il part à moto avec son ami Alberto Granados pour huit mois à travers l’Amérique du Sud. Nous avions vu le film Carnets de Voyages, qui relate cette aventure… Il laisse son ami Alberto au Vénézuela, ou celui-ci travaillera dans une clinique pour lépreux, et il revient, tel que convenu avec son père, pour terminer ses études de médecine. En 1953, son titre de médecin en poche, il repart pour un autre voyage en Amérique latine. Au cours de ses voyages, l’oppression, la pauvreté et surtout le manque d’éducation de la population le frappent. C’est ainsi que nait sa détermination à aider les basses classes des peuples d’Amérique latine qu’il considère tous comme ses frères. Il dénonce haut et fort la corruption qui sévit. En 1955, il rencontre sa future femme, Ilda Gadea, partisane active d’un parti socialiste (avec qui il aura une fille) et approfondit son éducation politique. En 1954, il part travailler comme médecin au Mexique et rencontre Raul et Fidel Castro chez Maria Antonio Gonzales (une amie de sa femme). C’est ainsi que la politique et la révolution deviennent sa vie. Castro le nomme médecin de ses troupes. En 1959, il devient bras droit du nouveau président Fidel Castro (juste après la libération de Cuba). Castro le nomme président de la banque nationale de Cuba puis ministre de l’industrie. En 1964, il participe à une discussion de l’assemblée générale des Nations Unies ou il déclare que « la révolution naît dans les cœurs ». Nous avons aussi vu des photos de sa deuxième femme (il s’est séparé de sa première femme alors que sa fille n’avait que quelques mois), des photos de ses 4 autres enfants, et aussi de ses nombreux voyages autour du monde pour la cause communiste. Le 9 octobre 1967, Ernesto Guevara, médecin, aventurier et révolutionnaire a été exécuté brutalement sur ordre du président bolivien Barientos, manipulé par la CIA… Sa tombe se trouve aujourd’hui à Cuba. Nous nous sommes ensuite rendus à l’Estancia Jésuite d’Alta Gracia, Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis quelques années. Un endroit immense, très bien restauré. Pour les gens qui aiment l’architecture et l’histoire, c’est un endroit à voir. Nous avons finalement quitté la ville d’Alta Gracia pour nous rendre à l’Observatoire, tout près de Bosque Alegre, mais pas de chance, ils n’ouvrent qu’en fin de semaine en basse saison. Nous nous sommes tout de même arrêtés devant la barrière fermée pour la nuit, mais nous n’avons pas pu admirer le ciel, car la brume recouvrait tout. Mercredi le 15 octobre (nous commençons aujourd’hui notre dix-septième mois), nous nous sommes dirigés vers Mina Clavero. Nous nous sommes rendus au Musée Rocsen, un endroit où il serait facile de passer toute la journée tellement il y a de choses à voir. Et nous qui n’aimons pas tellement les musées habituellement! C’est un Français, Jean-Jacques Bouchon, qui a pris l’initiative de cette formidable entreprise. Papillons, coquillages, calèches, vêtements anciens, instruments de médecine, oiseaux empaillés, photos anciennes, instruments de musique, objets religieux, appareils photographiques, outils, autos, moteurs, roues, meules, minéraux, fossilles, bijoux d’Afrique et de Chine, appareils ménagers etc. etc. etc. Après le dîner, nous avons continué vers la Digue La Vina, et nous avons ensuite poursuivi vers Merlo. Nous avons été voir les cascades, puis nous nous sommes installés sur le sentier Cabeza del Indio pour la soirée. Ce matin, jeudi le 16 octobre, nous nous dirigerons vers San Luis. Au plaisir!

07 octobre 2008

Argentine: Difunte Correa & Parc Ischigualasto

Mercredi le 1er octobre nous avons marché au coeur de Mendoza pour prendre le pouls de la ville, et nous avons finalement trouvé un adaptateur pour mon portable, non sans avoir vérifié avec Apple pour le courant de 220 watts… Il n’y a pas beaucoup de concessionnaires Apple ici, seulement deux dans toute l’Argentine: un à Mendoza et un à Buenos Aires! Et les prix sont moins avantageux qu’au Canada… Nous voulions aussi acheter un transformateur pour pouvoir nous servir du courant électrique dans les campings, mais comme nous ne sommes pas certains de l’ampérage requis, nous avons décidé de laisser tomber. Le transformateur pour une capacité de 1500 watts est de presque 200$, et comme Pierre a eu une mésaventure en Espagne il y a plusieurs années (le frigo a sauté, puisque ce n’était pas le bon ampérage, ou qu’il s’était trompé d’adapteur, allez savoir), nous avons tout simplement décidé de nous arranger avec ce que nous avons, et ne pas utiliser l’électricité des campings (nous fonctionnons avec le propane et le panneau solaire seulement). Après le dîner nous avons trouvé un mécanicien pour les amortisseurs défectueux, mais nous avons dû revenir après 4 heures de l’après-midi, puisque la sieste est longue ici… Pas de chance, après avoir fait démonter les amortisseurs pour savoir avec certitude quelle pièce il nous fallait, nous avons appris qu’il n’y a aucun amortisseur de ce type dans toute l’Argentine! Les mécaniciens avaient même téléphoné à Buenos Aires! Finalement, ils ont adapté des amortisseurs de camions, c’est le meilleur qu’ils pouvaient faire… Cela nous a coûté un peu moins de 200$, et nous espérons que ces amortisseurs feront l’affaire pour quelques mois au moins, mais on ne sait jamais! C’est la quatrième paire d’amortisseurs depuis l’Équateur… Nous avons quitté Mendoza en début de soirée, et nous avons campé dans une station-service de gaz naturel (très populaire ici) sur la route de San Luis (#7). Jeudi matin, nous sommes arrivés au contrôle sanitaire de Désaguédéro (en entrant dans la province de San Luis), alors nous nous sommes débarassés des fruits et des légumes avant de passer… Nous nous sommes ensuite dirigés vers le Parc National Sierra de Las Quijadas, un canyon rouge qui m’a fait penser un peu aux parcs de l’Utah. Il y a longtemps, des bandits se cachaient dans les ravins, leur tête était mise à prix, mais on le les a jamais attrapés… Le lendemain matin, en revenant des sentiers, nous avons rencontré une Française en vacances accompagnée d’un médecin et de son épouse vivant à San Luis (environ 153 km. de Sierra de Las Quijadas). Le parc est très tranquille, il y a très peu de visiteurs, nous étions donc vraiment heureux de rencontrer des gens parlant français! Pour les étrangers, il en coûte 20 pesos pour l’entrée du parc, alors que pour les Argentins, le prix est de 7 pesos… Cette pratique des prix différents pour les non-résidents semble s’étendre à tous les pays d’Amérique du Sud. Moi qui croyais que c’était réservé à l’Inde! Nous avons quitté le parc Las Quijadas samedi le 4 octobre pour nous diriger vers la ville de San Juan. Un autre contrôle sanitaire nous attendait à El Encon, après San Luis, mais nous étions en règle. Nous avons déboursé 3 pesos pour la fumigation… Nous avons ensuite continué vers San Juan, où nous voulions visiter le Musée de vin Graffigni. Monsieur Graffigni, immigrant italien, a instauré le premier vignoble au pays dans les années 1800. La famille, qui a maintenant vendu les vignobles à Pernod Ricard, une compagnie de France, a ouvert ce musée sur le site d’une de leurs bodegas afin de perpétuer la tradition j’imagine… La visite est gratuite, et il y a même une dégustation sur place. Nous avons ensuite fait notre marché au Libertad, et nous voulions nous rendre au Camping Don Bosco pour la nuit, mais nous nous sommes arrêtés un peu avant, à la station YPF. Nous avons profité de douches chaudes, nous avons fait la lessive et nous avons aussi lavé le véhicule, qui en avait grandement besoin. Dans l’avant-midi (dimanche le 5 octobre) nous avons visité le sanctuaire Difunta Correa. Il paraît que pendant la guerre de 1840, Correa, son nouveau-né dans les bras, partit à la recherche de son fiancé sur les champs de bataille. Après plusieurs jours de marche, les vivres manquèrent et Correa mourut de faim, de soif et d'épuisement. Quelques jours après, quand son corps fut trouvé, l'enfant tétait le sein de sa mère et il était toujours en vie. Le lieu présumé où Correa fût trouvée est aujourd'hui un lieu de pèlerinage difficile à décrire. Il y a là plusieurs petites chapelles dans lesquelles s'entassent des objets hétéroclites, photos, trophées sportifs, instruments de musique, jouets, dessins, une autre entièrement consacrée aux robes de mariées. Le chemin qui monte au rocher où Correa aurait été trouvée est bordé de centaines de plaques d'immatriculation, mais aussi de centaines de plaques de remerciement pour faveux reçues et miracles accomplis. Nous avons vu des pélerins monter cet escalier à genoux. Nous n’en revenions tout simplement pas de constater tant de ferveur populaire. Il y avait même une enseigne mentionnant que Corréa attendait les fidèles pour la messe de 11 heures à la chapelle toute proche! Décidément, les gens ici ont besoin de croire à quelque chose! Nous sommes repartis vers le Parc de la Vallée Fertile, et nous nous sommes arrêtés au pied des montagnes pour la soirée. Lundi le 6 octobre, après nous être arrêtés au bureau de touristes de San Augustine, nous avons décidé de nous rendre au parc Ischigualasto, un parc qui ressemble un peu au Parc Canyonland en Utah. Nous avons attendu en après-midi pour faire le tour guidé, qui permet d'admirer les formes géologiques bizarrres. Ce parc est aussi appelé Vallée de la Lune, en raison des paysages je suppose. Le musée des dinosaures que les archéologues ont trouvés ici est vraiment spécial! Nous avons campé ici en soirée, et nous repartons ce matin (mardi le 7 octobre) vers le parc National Talampaya. Au plaisir!

30 septembre 2008

Argentine (Col Cristo San Redentor, Mendoza)

Dimanche le 28 septembre, nous avons filé vers l’Argentine. Nous avons admiré les montagnes enneigées à partir de Potrillo (la plus haute station de ski du Chili) et nous sommes entrés en Argentine vers 9 hres trente du matin. Tout s’est fait très rapidement, et au bout de quelques minutes, nous roulions vers le Parc Aconchaga, qui renferme le sommet le plus haut de l’Amérique du Nord. Nous nous sommes ensuite arrêtés à Puente del Inca, un pont naturel avec des eaux chaudes sulfuruses (fermé au public pour raison de sécurité?), un endroit assez impressionnant. Il faisait cependant un peu frais, puisque nous étions en haute altitude… Nous nous sommes arrêtés pour dîner à Upsallata, une vallée magnifique entourée de montagnes polychromes, puis nous avons continué jusqu’à la digue, où nous nous sommes arrêtés pour camper, tellement l'endroit est magnifique! Imaginez, plusieurs lagunes d'un bleu profond, entourée des montagnes recouvertes de neige! Des gens sont venus pêcher, il y avait même une classe de plongée sous-marine tout près, et puis tous sont repartis en fin de journée! Nous avons continué lundi vers Maipu, et nous avons visité trois bodegas et naturellement, nous avons goûté à plusieurs sortes de vins... Mardi le 30 septembre, nous avons visité une autre bodega: La Rural. C'est la plus belle que nous ayions vue jusqu'ici! Il y a même un musée du vin à cet endroit, et toute l'histoire de la famille Ruttini qui est arrivé d'Italie en 1885 est consignée. Je n'avais jamais vu autant d'appareils pour fabriquer le vin, la plupart très anciens... Nous avons vraiment apprécié cette bodega, et nous la recommandons fortement aux visiteurs qui passeront un jour dans le coin de Mendoza.

Chili (La Serena, Vicuna, Santiago, vignoble Pisco Capel)

Lundi le 22 septembre, nous avons trouvé une usine de propane pour remplir nos bouteilles (33$), alors nous n’aurons plus de problèmes pour deux mois, bravo! Nous avons aussi appris que le col que nous voulions traverser pour retourner en Argentine (4,880 mètres) était infranchissable en raison de la neige et de la glace et qu’il n’ouvrirait qu’en janvier. Nous avons donc dû changer nos plans,  alors nous avons prévu de nous rendre à Santiago, la capitale, afin de passer ensuite au col Christo Redentor, un col un peu moins haut! Nous avons lavé l’auto (elle en avait bien besoin, après toutes ces routes de terre), et nous sommes ensuite partis vers Vicuna (connue surtout pour son observatoire astronomique appelé Mamaluca). Nous nous sommes inscrits pour la visite en soirée, mais comme le ciel était couvert de nuages, il ont dû canceller… Le lendemain matin, nous sommes retournés à l’observatoire, mais c’était fermé, puisqu’ils n’offrent que l’observation des étoiles en soirée au moyen de téléscopes puissants… Le gardien nous a quand même fait visiter les installations, c’était chouette de sa part! Nous avons photographié les cactus en fleurs, et nous nous sommes rendus visiter Pisco Capel, où l’on distille le vin tiré des raisons verts Muscadet pour en faire du Pisco. La visite était gratuite l’an passé, mais le prix d’entrée est maintenant de 1,000 pesos par personne. L’endroit est extrêmement propre, et le vignoble se situe juste au pied des montagnes, dans un cadre absolument magnifique, avec des centaines (peut-être des milliers?) de cactus en fleurs. Nous avons acheté une bouteille de Pisco Capel à 35% d’alcool, ainsi qu’un digestif aromatisé aux fruits des champs. En après-midi, nous avons emprunté la route de terre qui se rend jusqu’à Ovallo. Les trente ou quarante premiers kilomètres étaient extraordinaires: des montagnes entièrement couvertes de fleurs de couleur mauve, indigo et jaune, et un ciel d’un bleu intense… Cependant, le reste de la route était terrible, et il s’agissait plus d’une mauvaise piste que d’une route en fait. Les montagnes enneigées agrémentaient le trajet, mais la route était tellement mauvaise que nous regrettions presque d’avoir opté pour ce chemin! Nous nous sommes finalement arrêtés quelques kilomètres avant Ovallo, au barrage Recoleta, un immense lac d’eau douce. Mercredi matin (24 septembre), Pierre s’est lavé au lac (je trouvais l’eau un peu trop froide pour me baigner), et nous avons poursuivi notre route avant de nous arrêter au supermarché d’Ovallo pour quelques provisions… Nous avons continué jusqu’à la Vallée Enchantée afin de voir les pétroglyphes laissés par les Indigènes Molle. Il y a trois secteurs, et les rochers ronds sont couverts de peintures rupestres et plusieurs des pierres sont sculptées. Pour les ornithologues, il s’agit d’un vrai paradis, puisque les oiseaux font tout un tintamarre, tellement ils sont nombreux. Après le dîner, nous avons poursuivi vers Barraza, où nous voulions admirer la plus ancienne église du Chili, mais malheureusement, elle était fermée. Nous avons donc continué jusqu’au parc national Fray George. Pour s’y rendre, il faut faire 39 kilomètres d’une route de terre très abrupte. Il y a des cactus et des épineux tout le long du chemin, puis l’on arrive à une forêt humide luxuriante , qui a pu se développer grâce à la camanchaca, phénomène de condensation de la bruine du Pacifique! Nous avons marché sur le sentier aménagé, et rencontré deux Canadiens de Toronto, Phillip et Stéphanie. C’est le troisième couple de Canadiens que nous rencontrons depuis le début du voyage en Amérique du Sud! Nous avons aussi aperçu un renard argenté, le premier de notre voyage. Nous avons campé près du parc, et ce matin, jeudi le 25 septembre, un autre renard est venu nous dire adieu au moment où nous nous apprêtions à partir! Nous avons roulé jusqu’à Los Vilos, en nous arrêtant aux miradors le long du Pacifique… Journée de bruine aujourd’hui, j’imagine que cela va avec le printemps ici! Nous avons profité d’un café Internet pour vérifier nos courriels, et nous avons continué jusqu’à Los Molles, où nous avons campé juste à côté de la mer. Vendredi le 26 septembre, nous avons longé la côte, et admiré les plages, les pélicans, les rochers, et bien sûr l’Océan Pacifique. Nous avons beaucoup aimé Papudo, Zapalla, Maitencillo, Concon et Horzon. Nous avons même acheté des poissons frais à cet endroit, pas cher du tout, et vraiment délicieux… Nous avons beaucoup apprécié Vina del Mar (les jardins de Quinta Vergara sont superbes, la ville est très propre). Nous nous sommes rendus à Valparaiso mais ce n’était pas aussi nickel que Vina del Mar… Finalement, nous avons élu domicile à Laguna Verde, un endroit magnifique (lagune se jettant dans la mer), où nous étions seuls au monde une fois de plus. Samedi le 27, nous nous sommes dirigés tôt vers Santiago (je voulais récupérer une lettre, et le bureau de poste ferme à midi). Nous avons été surpris par la facilité avec laquelle nous avons pu manoeuvrer dans la ville. Nous avons fait une grande marche à travers le centre-ville (plus de 5 heures), et nous avons visité le Musée des Beaux-Arts (très ordinaire), les églises San Francisco et Santo Domingo, l’Ex-Congreso Nacional, le Palacio de la Moneda, la Bibliothèque Nationale, le Cerro Santa Lucia, mais malheuresement, l’édifice de la Moneda était fermé (samedi), ainsi que quelques autres endroits que nous aurions aimé voir… Notre stationnement nous a coûté 13$ pour 5 heures (tout est assez cher ici à Santiago, par exemple cela nous a coûté 10 dollars pour manger une frite et un Big Mac chez MacDonald’s), et nous avons quitté la ville en début de soirée. Nous avons pris la route pour Los Andes, et nous nous sommes arrêtés un peu avant Rio Blanco, où nous avons dormi en bordure de la rivière, à l’abri au milieu des hautes montagnes enneigées… Nous devrions nous rendre demain à la frontière de l’Argentine…

21 septembre 2008

Chili (Paso de San Francisco à La Serena)

Nous avons quitté Cafayete samedi le 13 septembre, et nous nous sommes dirigés vers les ruines archéologiques Quilmes en fin d’après-midi. Nous sommes arrivés à l’heure du souper, et nous avons décidé de nous installer pour camper et de visiter les ruines le lendemain matin, afin de ne pas trop se presser… Quelques minutes plus tard, deux Canadiens ont passé (voiture louée de l’Argentine, mais drapeau du Canada bien en vue), et nous nous sommes empressés d’aller leur dire bonjour. Ruth et Éric sont de Victoria (ils ont leur ferme tout près de Butchart Gardens et de Butterfly World, deux endroits que nous avons adoré visiter). Après le souper, nous avons passé une bonne partie de la soirée à jaser avec eux, et dimanche matin, nous les avons retrouvés pour la visite des ruines, qui sont très différentes de celles du Pérou, du Mexique, du Bélize ou du Guatémala. Comme ils ont pris l’avion jusqu’à Buenos Aires et qu’ils montent vers le Nord alors que nous descendons vers le Sud, ce serait vraiment un coup de chance si nous les croisions encore, mais cela nous a fait extrêmement plaisir de les rencontrer! La location de leur campeur leur coûte 16,000$ pour trois mois, ou cent euros par jour! Cela nous fait apprécier notre véhicule, car nous n’avons aucun frais de location… En quittant le site archéologique, des Argentins sont venus nous dire bonjour, et nous avons appris que la semaine passée, le Paso San Francisco, une des frontières entre l’Argentine et le Chili, était fermé à cause de la neige et de la glace. Des voyageurs que nous connaissons, personne ne semble avoir fait ce col, alors nous verrons sur place. Habituellement, cet endroit est fermé à la circulation de mars à octobre, mais comme nous sommes déjà à la mi-septembre, nous prendrons une chance! Mon chum adore ce genre d’aventures, il aime beaucoup passer là où personne n’est passé, mais parfois, notre pauvre véhicule souffre affreusement des routes de terre… Il faut dire que les paysages sont à couper le souffle cependant, alors cela compense! Et puis, le voyage ne serait pas aussi excitant s’il n’y avait pas ces moments où l’on se demande si l’on finira par arriver sains et saufs! De Quilmes, nous sommes passés à Santa Maria, puis nous sommes arrivés en début de soirée un peu avant Tinogosta où nous nous sommes installés pour la nuit le long d’un sentier pas très loin de la route. Lundi le 15 septembre, nous avons continué vers Paso San Francisco, et nous nous sommes arrêtés aux eaux thermales de Fiambala un peu avant le dîner. Nous avons vraiment profité de ces grands bassins d’eau très chaude aux vertus thérapeutiques (plus on monte haut, et plus l’eau est chaude, et il y a une dizaines de bassins je crois) et nous avons continué en après-midi jusqu’aux douanes argentines. Nous avons décidé de nous arrêter juste à côté des douanes, puisque nous étions déjà à 4,000 mètres d’altitude et que du côté du Chili, on monte ensuite rapidement jusqu’à 4,700 mètres! Il a fait vingt degrés sous zéro pendant la nuit, je crois que c’est la nuit la plus froide que nous ayions connue, mais le véhicule a bien assuré! Durant la soirée, nous avons écouté un concert des Rolling Stones, et un autre de Chicago… Mardi le 16 septembre, nous avons continué notre route du côté du Chili, et nous avons adoré la Laguna Verde. Je pense qu’il s’agit d’un des endroits déserts les plus extraordinaires que nous ayons vus jusqu’ici! Nous étions absolument seuls, il faut croire que l’endroit fait encore partie des secrets bien gardés! Les montagnes couvertes de neiges se réflétant dans la lagune, la couleur turquoise de l’eau, la vapeur des sources d’eau chaude et le sable fin et blanc des falaises et de la plage, il s’agit vraiment d’un endroit magnifique! Cependant, nous n’avons rencontré hier qu’un seul autre véhicule sur le chemin de l’Argentine au Chili, et aujourd’hui, deux autos nous ont croisés entre la frontière du Chili et le parc Nevado de Tres Cruces… Il faut croire que cette route n’est pas très fréquentée ou que ce n’est pas la bonne saison? En passant aux douanes du Chili, juste après le salar Maricunga, nous avons eu droit à une fouille absolument complète du véhicule, par quatre officiers. Il nous ont fait ouvrir le toit, et ils ont regardé absolument partout. Ils ont trouvé deux carottes, la moitié d’un piment et une queue d’échalotte, ainsi qu’un pot de miel et un sac de raisins secs pas encore ouvert, et ils ont tout confisqué bien sûr! C’est la troisième fois que nous passons au Chili (Tambo Quemado et Ollaque auparavant) et nous n’avions jamais eu une inspection aussi sévère avant. Nous essayons toujours d’avoir le minumun de nourriture lorsque nous passons les frontières, mais vraiment, je ne savais pas que le miel était sur la liste des produits interdits… Nous avons ensuite continué jusqu’à l’océan Pacifique, à la ville de Chanäral, et comme nous étions tous les deux fatigués, nous nous sommes arrêtés à la première station-service que nous avons rencontrée. Nous avons visionné un film français avec Jean Reno, et nous avons profité du reste de la soirée pour lire… Mercredi le 17 septembre, nous avons visité la petite ville de Chanäral, et nous nous sommes rendus au parc Pan de Azucar (Pain de Sucre). Il paraît qu’il y a plusieurs pingoins en mai et juin sur l’île, mais on ne peut y mettre les pieds, on peut seulement admirer les pingoins de loin, en restant sur le bateau. Nous voulions nous rendre au mirador, mais une chaîne de fer barrait la route, alors nous avons rebroussé chemin. Nous nous sommes arrêtés en début d’après-midi le long du Pacifique, à un endroit désert tout près d’une petite crique. Il y avait des millliers de coquillages, des étoiles de mer, des oursins de mer, de petits crabes et des goélands. C’est agréable de camper seuls sur la plage… Il faut dire qu’ici au Chili, les campings organisés demandent trente-deux dollars et plus par nuit, et les cabanas sont à 88 dollars par soir pour deux. Nous sommes tellement habitués de faire du camping sauvage que nous ne voyons pas tellement l’utilité de camper dans les campings pour touristes durant la saison morte. Bien sûr, quand la saison touristique bat son plein, on risque de rencontrer d’autres voyageurs au long cours, mais ce n’est même pas encore le printemps ici! Jeudi le 18 septembre, nous sommes arrivés en matinée à Caldera, et nous avons visité le cimetière (plusieurs tombes d’Anglais et d’Écossais), l’église de bois, et le monument de Jacques Cousteau. Nous avons acheté quelques légumes, et nous sommes repartis juste après le dîner pour nous rendre à Bahia Inglesia, là où se trouvent les plus belles plages du Chili. Cela m’a fait penser un peu au Parque Tayrona en Colombie, sauf qu’il y avait plus de monde et que l’endroit n’était pas aussi nickel… Et bien sûr, pour le snorkelling, il n’y a pas grand-chose à voir ici, alors qu’au Parque Tayrona, il y avait des milliers de poissons de toutes les couleurs! Nous avons admiré des jeunes qui faisaiet du paragliding en surfant sur la mer, et après le souper, nous avons continué vers Playa Los Chorillos, où des falaises blanches surplombaient une mer agitée par un vent violent. Nous avons visionné le film Arsène Lupin dans la soirée. Nous avons cru que nous étions seuls, mais le lendemain matin, nous nous sommes aperçus qu’il y avait trois autres campeur plus bas, cachés dans les rochers… Vendredi le 19 septembre, nous sommes entrés à Copiapo et nous nous sommes arrêtés à l’usine de propane, mais ils étaient fermés en raison de la fête nationale du 18 septembre… Nous avons un peu visité la ville, mais il n’y a pas beaucoup à voir, et nous nous sommes ensuite dirigés vers la côte du Pacifique. Nous nous somnmes arrêtés à un petit village de pêcheurs, après Puerto Viejo mais avant Huasco, et nous nous sommes enlisés dans le sable en nous dirigeant vers la plage. Pierre a creusé pour dégager les roues durant que je trouvais des pierres plates pour mettre sur la piste. Finalement, 4 jeunes nous ont aperçu et sont venus nous pousser… Une autre soirée très tranquille! Samedi le 20 septembre, nous sommes allés faire un tour du côté du parc Llanos de Challe, et nous avons fait une grande promenade sur la plage de sable blanc, aussi doux que de la farine… Le camping à cet endroit coûte 12$ par jour, et il y a beaucoup de gens. Il y avait même un classe de yoga sur la plage… Nous avons trouvé une pipe pour le haschis dans le sable. Elle est en verre avec des fleurs de couleur pastel, très jolie… Pierre ne voulait pas la garder, car nous ne fumons pas de drogues, mais c’est tellement un bel objet de collection… Nous avons continué juste un peu plus loin, sur la plage Agua de Luna, et comme cet endroit n’est pas dans un parc national, il est gratuit, et finalement tout aussi beau! Il y a aussi d’autres campeurs, mais ils ne sont pas vraiment près de nous. Il n’est pas midi encore et nous sommes déjà installés… Une plage magnifique, une mer très bleue, vraiment, c'est superbe ici! Nous avons passé une soirée tranquille à lire ( Le Pendule de Foucautl d'Umberto Eco pour moi, tandis que Pierre finit le livre The Closers). Dimanche le 21 septembre (le printemps ici) nous avons continué jusqu'à La Serena, une petite ville charmante parfaite pour le magasinage! Je suis présentement chez MacDonald's, un des meilleurs endroits pour le Wi-Fi ici... Un beau bonjour à tout le monde!

13 septembre 2008

Cachi et Cafayete

Mercredi le 10 septembre, nous sommes allés au centre-ville de Salta afin d’acheter de l’assurance-automobile pour l’Argentine et les pays limitrophes. Il nous a fallu toute la journée! Le premier assureur chez lequel nous sommes allés ne pouvait nous assurer puisque nous n’étions pas des habitants de l’Argentine. Nous nous sommes donc rendus chez une autre agence, et finalement, en raison de la fameuse sieste de treize heures à dix-sept heures, nous avons dû patienter un peu… Ici en Argentine, il n’est pas possible de payer directement le commerçant, il faut se rendre chez Pago Facil. Nous avons bien essayé de payer chez Rapido Pago (plus près) mais cela n’a pas fonctionné, et nous avons donc marché jusqu’au bout de la ville… Nous avons mangé des empenadas pour dîner chez un restaurateur local, que Pierre n’a pas tellement apprécié puisqu’il avait doublé les prix pour nous (partout ailleurs en ville la bière était trois fois moins chère, 3 pesos et non 9…) Nous avons rencontré deux jeunes Belges en voyage pour trois semaines près du téléférique et du marché aux puces, et nous avons même trouvé des tartes à la meringue et au citron! Après avoir passé presque toute la journée à marcher, nous étions contents de retourner au camping. Il faut dire que nos voisins Suisses, François et Nicole, sont tout à fait sympathiques… Jeudi le 11 septembre, nous nous sommes décidés à partir vers Cachi (route panoramique très tortueuse avec plusieurs sections en terre, ou ripio... Nous étions dans les nuages sur une bonne partie de la route, et la visibilité était à peu près nulle! Nous nous sommes arrêtés en fin d’après-midi au Parc National Los Cardones, parmi les cactus géants, seuls au monde! Un endroit vraiment magnifique! Vendredi matin, nous sommes entrés à Cachi, un petit village tout mignon, vraiment colonial, avec les rues en pierres et les maisons en adobe blanc. Nous avons revu François et Nicole sur la place du village, et nous en avons profité pour visiter le musée archéologique. Nous sommes ensuite repartis vers Cafayate (165 kilomètres sur un chemin très étroit, une route de terre naturellement). Après 80 kilomètres de mauvaise route, nous commencions à en avoir assez, et nous nous demandions si nous avions bien fait de prendre cette route, réputé pour ses paysages... Heureusement, peu après, nous sommes entrés dans la Quebrada Flechas, et nous avons pu voir des paysages lunaires tout à fait fantastiques. Nous sommes arrivés à Cafayete en fin d'après-midi, et nous avons décidé de camper un peu en sortant de Cafayete, juste en entrant à la Quebrada Las Conchas. Féérique! Nous avons visionné le DVD français Le Scaphandre et le Papillon, un film primé qui nous a surpris agréablement. Samedi le 13 septembre, nous nous sommes rendus jusqu'à Alemania, et nous avons absolument adoré les canyons, quebradas et ravins le long de la route. Ces paysages sont tout à fait incroyables, nous croyions avoir tout vu avec les parcs nationaux de l'Utah, mais ces paysages sont inimaginables, je pense que les photos ne rendent pas vraiment justice... Nous avons aussi visité une Bodega (vigne) artisanale très ancienne (Vasija Secreta) et nous avons bien aimé, mais pour goûter, ils servent dans de grands verres: j'avais beau jeu, je pouvais verser mon verre dans celui de Pierre incognito... Demain nous aimerions faire le sentier pour nous rendre jusqu'à une chute de 10 mètres non loin d'ici (seulement 10 kilomètres de promenade), et nous nous dirigerons probablement vers Tucuman. Au plaisir!

04 septembre 2008

Salta, Argentine

Mercredi le 3 septembre, nous avons décidé de partir pour l’Argentine en passant par le Paso Jama, un col très haut à travers les montagnes. À la douane du Chili, les formalités ont duré plus d’une demie-heure, alors qu’à celle de l’Argentine, les douaniers n’ont pas mis plus de quinze minutes. En sortant de San Pedro de Atacama, Pierre a décidé de prendre un jeune Français qui cherchait un moyen de transport pour passer à Salta, à 635 kilomètres d’où nous étions. Nous pensions pouvoir faire ce trajet en une seule journée, mais il était dix-huit heures trente et nous étions à plus de 100 kilomètres avant Salta… Comme Pierre était fatiqué, nous nous sommes arrêtés à un camping et Frédéric a planté sa tente juste à côté de nous. Les paysages pour se rendre à Salta sont absolument incroyables, il y a des montagnes rouges, vertes, ocres et grises. La route est superbe, nous avons traversé un immense salar (Salinas Grandes) et aperçu de nombreuses lagunes de couleur turquoise, vert et bleu indigo (certaines étaient gelées, alors la glace et la neige étaient omniprésentes) … Bien sûr nous avons aussi vu des lamas et des vigognes. Le col Jama est assez impressionnant à 4,700 mètres, et il y a plusieurs miradors le long de la route. Le lendemain matin, jeudi le 4 septembre, nous sommes arrivés à Salta juste avant midi. Nous avons acheté un guide Firestone pour les routes, et nous avons visité la cathédrale. Nous planifions nous rendre au camping Carlos Xamena à deux kilomètres d’ici. Bien sûr, la piscine est fermée puisque nous sommes en plein hiver, mais il y a des douches chaudes, et même la salle de bains est chauffée! Le grand luxe quoi! Nous avons rencontré deux jeunes Canadiens de Colombie-Britannique, Josh et Aïda, qui sont ici depuis deux semaines et qui voyagent depuis onze mois. C’est agréable de rencontrer des Canadiens, nous en avons vu tellement peu depuis le début du voyage… Vendredi matin, Pierre a fait la rotation des pneus, et moi j’ai cuisiné. Nous en avons aussi profité pour laver les vêtements. Il fait un peu froid ici, c’est un peu comme l’automne ou le printemps chez nous. Pour les Argentins, le printemps approche à grands pas, alors que chez nous au Canada, c’est l’automne qui s’en vient: le système des saisons est inversé de l’hémisphère Nord à l’hémisphère Sud! Nous avons visionné en soirée le film Sicko (documentaire de Michael Moore sur le système de santé américain), puis un autre documentaire d’Oliver Stone de 2002 avec Fidel Castro. Je ne savais même pas que ce film existait… Je ne sais pas si c’est la censure qui l’a interdit chez nous ou si ce film n’a pas eu de succès puisqu’il s’agit d’un documentaire? Quoi qu’il en soit, nous avons trouvé ces deux films fort intéressants, mais peut-être un peu biaisés tout de même! Samedi et dimanche, nous avons flâné au camping. Nous avons regardé les films Elizabeth, avec Cate Blanchett (intéressant), L’Assassinat de John Lennon (très ordinaire), Grizzly Man (le gars qui s’est fait dévorer par un grizzly en Alaska et qui chaque été filmait les ours de près), La Science du Sommeil (un film français avec Miou-Miou et Charlotte Gainsbourg), ainsi qu’un autre film où Jim Carrey joue le rôle de plusieurs personnages… Lundi le 8 septembre, j’ai lavé tous les tapis du véhicule (le plus grand doit bien faire 6 pieds par quatre pieds), le tableau de bord, le coffre à gants, et Pierre a enlevé la batterie principale (complètement recouverte de poussière) et les sièges. Nous avons nettoyé minutieusement l’intérieur du véhicule, car avec toutes les routes de terre que nous effectuons, la poussière semble s’infiltrer partout… J’ai enfin pu rejoindre Annik de la Caisse Populaire pour qu’elle m’envoie un spécimen de chèque (les numéros de transit ont changé depuis que la Caisse St-Raymond s’est jointe à la Caisse St-Joseph de Hull), ainsi qu’une carte de guichet automatique (depuis le vol au Pérou en juin, mon compte était inaccessible). Et en soirée, nous avons pris un verre de vin avec nos voisins Suisses, François et Nicole, qui voyagent avec leur fils de quatre ans et qui terminent leur voyage à la fin décembre de cette année… Nous sommes aujourd’hui mardi le 9 septembre, et nous voulons vérifier pour les assurances automobiles ici en Argentine. J’aimerais aussi trouver un Internet Wi-Fi pour transférer mes photos (pas facile, vraiment: il faudrait passer quelques nuits dans des hôtels luxueux pour pouvoir profiter de ce service). Il y a bien quelques grandes villes où j’ai pu trouver des restaurants qui étaient dotés du Wi-Fi, mais vraiment, c’était beaucoup plus facile en Amérique du Nord… Nous voudrions aussi vérifier pour le propane, un autre problème pour nous en Amérique du Sud! Ce serait tellement plus facile s’il n’y avait pas ce problème de compatibilité pour les adaptateurs de propane entre chaque pays! Nous pensons reprendre la route demain le 10 septembre, et nous diriger vers Cayafete… Au plaisir!

Sucre, Salar d'Uyuni, Calama, San Pedro de Atacama

Ouf! Mercredi matin, dès que nous avons su que les bloquéos étaient suspendus (trêve de quelques heures ou de quelques jours, qui sait), nous avons filé en direction de Potosi pour nous diriger vers le salar d’Uyuni. Sur des kilomètres, les pierres s’amoncellaient, et nous n’en revenions pas de voir les résidus de vitre cassée et les cendres un peu partout sur la route! Une cinquantaine de kilomètres plus loin, juste après le pont Mendez, plus aucune trace du bloquéo, mais même pour un touriste qui aurait voulu faire le trajet à pied, cinquante kilomètres c’est un peu long… Nous sommes arrivés à Potosi vers midi, nous avons fait remplir notre réservoir et nos bidons d’essence, et il nous a fallu près d’une demie-heure pour quitter la ville puisque le pont était en réparation et que tout le monde nous envoyait dans des directions différentes. La route entre Pototsi et Uyuni est en terre, et il y a des travaux partout. Je pense qu’ils élargissent la route pour éventuellement la paver, c’est parfait, sauf que tous les détours à cause de la construction nous ont un peu retardés (7 heures). Nous nous sommes donc installés (après Tica-Tica et avant Pulacayo) près de la route en soirée. Le lendemain matin, nous nous sommes dirigés vers Uyuni, où nous avons rencontré plusieurs touristes, dont des Russes et des Tchéquoslovaques. Nous nous sommes promenés le long du marché, sans oublier le cimetière des locomotives. Il faut voir ces énormes engins rouillés au bout du village. Les trains étaient utilisés pour transporter l’argent de Potosi à Uyuni vers le Chili, mais maintenant, il n’y a plus qu’un train par semaine! En fin d’avant-midi nous avons quitté Uyuni et nous nous sommes dirigés vers Colchani, le premier village du salar. Tout est blanc, et les travailleurs remplissent les camions à la pelle, quel travail difficile! Ils n’ont pas de grues ou d’outils mécaniques, tout semble se faire à la main, et les salaires ne sont pas terribles non plus. Puis nous avons continué vers l’Hôtel de Sel, un bâtiment tout en sel, avec des meubles en sel, des murs en briques de sel, des sculptures en sel: bref, il n’y a que du sel à cet endroit, et c’est très beau. Cela me faisait un peu penser à l’hôtel de glace à Québec! Nous avons suivi les Jeeps 4 x 4 chargés de leurs clients (nous n’avons pas de GPS, malgré que cet instrument soit très recommandé ici, car il y a des pistes partout et les boussoles ne fonctionnent pas à cause du sel je crois) et nous sommes arrivés à l’île des Pescadores, une île de corail avec des centaines (ou des milliers?) de cactus géants (jusqu’à douze mètres). Incroyable, cette île de cactus au milieu d’une mer de sable blanc entourée de volcans, sous un ciel d’un bleu profond sans aucun nuage! Nous avons rencontré deux Québécois à la retraite, Lise et Michel de St-Eustache, et nous avons eu beaucoup de plaisir à échanger avec eux. Michel est Suisse d’origine, mais il est au Québec depuis environ trente-cinq ans. Lise est institutrice, alors que Michel est ingénieur mécanique. Nous avons visité l’île avec eux (grotte de corail, mirador, etc.) et nous avons jasé avec eux dans leur Chalet (roulotte montée dans leur camion 4x4 de 250 chevaux) en soirée. Ils font un peu le trajet inverse de nous, ils ont déjà visité l’Argentine, le Chili et le Brésil, et ils remontent tranquillement vers le Québec (ils projettent d’y être en mars 2009). Le lendemain matin, nous sommes repartis vers San Juan pour nous diriger vers le Chili. Après le salar, la route était terrible (Michel nous avait même dit avoir fait deux crevaisons la veille), et les indications étaient absolument nulles (plusieurs pistes, mais aucun panneau indiquant quoi que ce soit). Nous sommes finalement arrivés à San Juan, et nous avons continué sur un autre salar un peu moins blanc (Chiguana) en longeant une voie de chemin de fer pour nous guider. La route, ou plutôt la piste, était franchement exécrable, et nous avions hâte d’arriver au Chili. Je ne conseille à personne de passer par San Juan: oui cela sauve environ une centaine de kilomètres de routes de terre (autrement il faut revenir par Uyuni et passer par San Cristobal) mais les pistes sont tellement difficiles! En sortant de Bolivie, il faut maintenant payer à la frontière bolivienne 21 bolivianos par personne (depuis le 16 juin 2008 selon un papier affiché sur le mur). Pour le Chili, il y a une inspection complète du véhicule, à la fois par les douanes et par le Service d’Agriculture (aucun fromage, produit laitier, viande, légume ou fruit, amendes très salées!). Nous étions contents de nous retrouver sur les routes du Chili (route de terre jusqu’à Calama, mais au moins, cette route est une vraie route, pas une piste de tracteur!). Les paysages ici sont fabuleux: cols très hauts, salars, montagnes, volcans fumants, etc. Nous nous sommes arrêtés à la station ferroviaire San Pedro pour la nuit, et ce matin, samedi le 30 août, nous nous dirigeons vers Calama. Il y a une énorme mine de cuivre tout près, Chuquicamata, la plus grosse mine de cuivre à ciel ouvert au monde… Mais comme nous sommes aujourd’hui samedi et que la mine est fermée pour la fin de semaine aux visiteurs, nous nous y rendrons lundi. Nous avons donc lavé et ciré le véhicule, et nous avons aussi fait faire un changement d’huile. Bien sûr, nous avons fait l’épicerie (nous avons trouvé plusieurs des aliments qui nous avaient manqué lorsque nous étions en Bolivie) et fait quelques emplettes au Home Center (un peu comme le Canadian Tire ou le Home Depot). Avec beaucoup de difficultés, nous avons fait remplir le petit réservoir de propane (10 litres) chez Lipigaz pour presque 14$ américains! Plus cher qu’au Canada (6$), mais le Chili n’est pas un pays où le coût de la vie est bon marché. L’essence y est trois fois plus chère que’en Bolivie, mais les routes sont meilleures, et les gens respectent les feux de circulation ainsi que les limites de vitesse et ils ne klaxonnent pas sans arrêt comme en Bolivie. Chaque pays a ses plus et ses moins, c’est certain… Les gens sont très gentils et très serviables ici, et plusieurs parlent anglais! Dimanche le 31 août, j’ai essayé de connecter mon portable sur Internet (Wi-fi au centre d’achats), mais le signal était vraiment trop faible. Nous avons aussi essayé de visiter la mine, mais ce n’était pas possible avant mercredi après-midi, alors nous avons laissé tomber. Nous nous sommes dirigés vers la Vallée de la Luna, un peu avant San Pedro de Atacama, et nous avons adoré cet endroit incroyable. Nous avons marché dans les dunes et les canyons, et admiré les paysages fantastiques. Cet endroit est très difficile à décrire, j’espère que les photos pourront mieux expliquer… Nous avons campé à la Vallée de la Mort, juste à côté de l’immense croix blanche. Lundi le 1er septembre, après nous être un peu promenes dans la Cordillère de Sel (Vallée de la Mort), nous sommes entrés à San Pedro de Atacama. Nous avons vérifié avec les agences pour retourner en Bolivie voir les lagunes Verde et Colorado, ainsi que les geysers El Tatio (qui se trouvent au Chili, à 95 km. d’ici). Il n’y avait pas suffisamment de passagers (certains autobus exigent 27, mais le minimum est 10), et nous avons décidé de laisser faire. Finalement, nous nous sommes débarassés des bidons d’essence qui prenaient vraiment trop de place dans le véhicule, et nous avons changé nos bolivianos pour des pesos chiliens. Nous avons marché dans les rues de San Pedro, et visité l’église très ancienne en adobe. Nous sommes ensuite allés nous baigner à la lagune Cejar, où l’eau est tellement remplie de sel qu’il est impossible de ne pas flotter. Il y a 16 mètres d’eau de profondeur, mais c’est impossible de toucher le fond, on remonte aussitôt à la surface! On nous demandait 8$ pour stationner pour la nuit (le même montant que pour se baigner) alors après profité de l’eau salée, nous sommes allés nous installer un peu plus loin dans le désert. Mardi matin (2 septembre), nous sommes allés à Toconoa, un petit village où les maisons sont faites de pierres tirées des volcans avoisinants, et nous avons visité le salar d’Atacam. Nous avons surtout apprécié la Réserve Nationale de Flamants Roses, avec trois espèces de flamants. Nous en avons vu à peu près une trentaine, vraiment, c’était très spécial. Nous avons fait toutes les pistes du salar, admiré les volcans et les lagunes de sel, et même visionné un film sur le salar. Nous sommes retournés à San Pedro de Atacama pour faire le plein d’essence (3 fois plus cher qu’en Bolivie), et nous avons acheté un livre de Michael Connelly pour occuper nos soirées. J’ai bien essayé de me connecter au café-bar Adobe (un des seuls endroits où ils ont du Wi-Fi ici), mais cela n’a pas fonctionné. Nous devrions donc entrer en Argentine demain, en passant par Paso Jama, un col de plus de 5,000 mètres. Nous croisons les doigts que tout ira bien! Au plaisir!

26 août 2008

Bloquéos autour de Sucre en Bolivie...

Nous pensions pouvoir quitter Sucre dimanche, le 24 août, mais nous sommes aujourd’hui mardi le 26, et rien ne semble vouloir bouger. Il y a eu des négociations hier en fin de journée, mais il semble que cela n’a rien donné. C’est d’autant plus dramatique puisque les manifestants vendent des vivres aux magasins, et la population de Sucre est moins affectée par ce bloquéo car les gens peuvent continuer à se procurer de la nourriture. Pour l’essence, les stations s’approisionnent grâce aux oléoducs souterrains, alors il n’y a pas de pénurie. Nous lisons, nous nous promenons dans la ville, nous regardons des DVD (des films ou des concerts), bref nous nous la coulons douce! On nous a dit que le bloquéo pourrait durer un mois, alors nous attendons patiemment, nous ne pouvons rien faire d’autre. Mais nous avons hâte de quitter la Bolivie!

23 août 2008

Coincés à Sucre en Bolivie!

Lundi le 11 août, après avoir mis deux heures pour trouver un bidon d’essence en prévision du Salar d’Uyuni, nous sommes partis de La Paz vers Oruro. Lorsque nous sommes arrivés dans la ville, nous nous sommes rendus à la Casa de la Cultura Simon Patino. Ce dernier fut à son époque l’homme le plus riche du monde. Ce Bolivien né à Cochabamba et issu d’une famille pauvre aimait particulièrement les objets d’arts, les meubles et les instruments de musique européens. Il était propriétaire de plusieurs mines, et il a fait sa fortune grâce à l’étain. La maison où il a vécu avant d’émigrer en Europe (les mineurs se sont révoltés) est encore aujourd’hui très bien conservée. Nous avons admiré orgues, Stradivarius (violon), gramophones, meubles de l’époque Louis XV, tableaux et bien sûr, les immenses poêles de fonte et de céramique allemands! Nous avons aussi visité le Sanctuario de Socovan (il y a une mine dans l’église!), le phare (même s’il n’y a aucun océan en vue), et la place centrale. Nous avons choisi un stationnement gardé pour dormir, et nous avons quitté la ville mardi matin. Le 12 août, nous nous sommes rendus au balneario d’eaux thermales de Tarapaya, et nous avons tellement aimé l’endroit que nous avons décidé d’y rester pour la nuit… Mercredi le 13 août, nous sommes entrés à Pototsi, la ville détenant la plus haute altitude au monde, 4,100 mètres! Avec le vent, c’était vraiment froid. Nous avons d’abord visité la Casa de la Moneda (Maison de la Monnaie), le plus beau musée de toute la Bolivie. La visite guidée, en français s’il vous plaît, dure deux heures, et j’imagine qu’on pourrait passer encore plus de temps tellement il y a de choses à voir à cet endroit. On voit bien sûr les instruments pour frapper les pièces de monnaie, les machines où étaient insérés les lingots dé’argent actionnés par des mulets (qui ne survivaient pas plus de six). On voit aussi les fonderies opérées par les criminels (tempéraure ambiante de 450 degrés Fareinheit et vapeurs de mercure et d’arsenic emplissant l’atmosphère, alors les gens ne survivaient pas très lon gtemps) Certaines salles contenaient des objets d’argent ciselés (ostensoirs, calices, lampes, ustensiles de cuisine, candélabres et animaus sculptés); il y avait aussi des salles de minéralogie, d’archéologie (momies, squelettes de baleines, arbre généalogiques basé sur la Bible), une locomotive servant au transport de l’argent, des tableaux racontant l’histoire de la ville et de la montagne qui contient la mine (Cerro Rico), bref, vraiment intéressant. Il y avait plusieurs Français dans notre groupe, et aussi deux personnes de Montréal. Deux Français de Grenoble nous ont donné des tuyaux pour le Salar d’Uyuni, et ils nous ont assuré qu’il était impossible de faire le Sud Lipez sans GPS et sans jeep 4X4. Ils nous ont aussi mentionné que la température, la nuit, descendait à 20 degrés Centigrade sous zéro… Le couple de Montréal avaient fait le salar avec une agence, et ils ont eu plusieurs ennuis avec la voiture (crevaison, problèmes mécaniques, etc.) Ils avaient visités 12 agences avant de faire leur choix. Ils ont aussi rencontré un autre jeep dont le conducteur était ivre, et un des voyageurs a donc conduit pendant la majeure partie du trajet. Apparemment que 20 touristes sont morts l’an passé sur les routes d’Uyuni… Pas vraiment rassurant.. Nous sommes ensuite montés à la Torre de la Compana de Jésus, d’où nous avons admiré la ville. Aprés le dîner, nous avons marché à travers les rues coloniales. Nous voulions visiter la plus vielle église de la ville (catacombes) et grimper en haut des clochers. Nous avons dû attendre jusqu’à 2 heures 45, alors que les dépliants touristiques mentionnaient deux heures (la sieste est toujours honorée ici). La visite a duré une trentaine de minutes, et nous avons surtout apprécié de monter sur les toits. Nous nous sommes ensuite rendus vers 3 heures trente au couvent Santa Teresa, et nous avons vraiment aimé notre visite (beaucoup plus que le couvent Santa Catalina, Arequipa, Pérou). Notre guide était absolument excellente, elle comprenait quelques mots de français (le groupe était composé de Français, de Catalans, d’Allemands et de Mexicains), et elle nous a beaucoup fait rire. De jeunes Français de Stratsbourg ont vraiment mis du piquant à l’après-midi avec leurs commentaires parfois désopilants! Il était dix-sept heures trente lorsque nous avons terminé la visite, et nous nous sommes empressés de quitter Potosi, car nous étions absolument gelés (il n’y a aucun chauffage dans les musées ou les églises, et par une température de moins dix Celsius, ce n’est pas très chaud!) Nous nous sommes rendus, par une route de terre, au village de Manquiri, où se trouve un sanctuaire considéré comme un joyau de la Bolivie (environ trente cinq kilomètres de Potosi). Puis jeudi le 14 au matin, nous avons finalement pu parler au gardien du sanctuaire, qui nous a ouvert les portes. Ce sanctuaire blanc est abandonné, des excréments de pigeon longent le sol, et l’on a empilé les bancs au jubé. L’extérieur est donc plus impressionnant que l’intérieur... Nous nous sommes ensuite dirigés vers Sucre, une ville beaucoup moins haute et donc beaucoup moins froide que Potosi. Il y avait un bloquéo (manifestation bloquant la rue) dans la ville, alors nous avons choisi un stationnement qui n’est pas dans le centre, mais qui coûte seulement 4 bolivianos par nuit. Nous nous sommes rendus à pied dans le centre historique, histoire d’explorer un peu la ville, mais Pierre n’avait pas tellement le goût de visiter. Vendredi le 15 août, après avoir déjeûné, nous sommes partis visiter le musée religieux La Recoleta (première mission franciscaine), le mirador d’où on peu admirer la ville et les montagnes, le parc Bolivar et sa mini-tour Eiffel, la Rotonde, chapelle ronde construite sur les lieux d’une tentative d’assasinat sur les ordres du général survivant, la Cour Suprême, et les églises La Merced et San Felipe de Neri, où nous sommes montés sur les toits. Ces églises sont pleines d’histoire, et elles renferment des catacombes, des cryptes, des passages souterrains reliant les églises et la Préfecture (le siège du gouvernement). Aujourd’hui, des collèges privés ont remplacé les quartiers occupés jadis par les communautés religieuses, mais les jardins, les plazas, les tableaux et les oeuvres d’art de toutes occupent toujours une place importante… En soirée, nous avons assisté à deux spectacles donnés l’un par un chanteur-guitariste bolivien et l’autre par un groupe accompagné d’une chanteuse dotée d’une voix exceptionnelle pouvant couvrir plusieurs octaves. Samedi le 16 août, nous avons pris l’autobus pour visiter la Glorietta, à huit kilomètres de la ville. Nous aurions sans doute marché, mais comme les lieux ferment à midi le samedi, nous avons décidé d’opter pour la solution facile… Cet endroit était occupé par un prince bolivien avec son épouse. Comme ils ne pouvaient avoir d’enfant, ils en ont adopté 49! Le prince aimait beaucoup le style européen, alors il a fait construire des bâtiments rappelant la tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, ainsi qu’un château d’inspiration Byzantine et Maure. Des lacs artificiels agrémentaient le paysage, ainsi que des rotondes disséminées ici et là sur l’immense terrain entourant ses propriétés. Ses écuries comportaient même des planchers de marbre! Après la Glorietta, nous sommes allés voir le Cimetière de Sucre, le plus important de Bolivie. À cet endroit sont enterrés plusieurs héros boliviens (la Guerre de Charcos, la Guerre du Pacifique, la Révolution contre les Espagnols et la Guerre Civile entre Sucre et La Paz ont fait couler beaucoup de sang!). Il y a aussi plusieurs tombes souterraines en ce lieu imposant, et définitivement beaucoup d’histoire… Dimanche le 17 août, nous avons décidé d’en profiter pour visiter la cathédrale et plusieurs églises qui sont ouvertes pour la messe dominicale. Nous ne sommes absolument pas très catholiques ni l’un ni l’autre, mais l’architecture imposante, les tableaux, l’or et les oeuvres d’art qu’on y retrouve sont définitivement intéressants. Et nous avons aussi passé plusieurs heures à la Casa Libertad, où fut signée la Déclaration d’Indépendance. Nous avons particulièrement apprécié connaître l’histoire des gens qui ont fait la Révolution et se sont battus contre les Espagnols. La Bolivie a eu sa part de présidents complètement loufoques: un certain personnage aurait même fait cadeau du Mato Grosso au Brésil pour un cheval blanc! Ce pays qui comportait autrefois plus de 3 millions de kilomètres n’en compte aujourd’hui qu’un million neuf cent mille! Nous avons dîné dans un restaurant chinois mais les plats ici sont sans doute accomodés au goût des locaux, et sont donc très différents de ce qu’on retrouve au Canada. Lundi le 18 nous avons visité le musée Guttérez-Valenzuela, un endroit rempli de pièces baroques italiennes et françaises. Les miroirs biseautés, les sculptures de marbre, les tableaux et les meubles d’époque donnent un cachet assez particulier à chacune des salles. Nous nous sommes aussi approvisionnés au marché d’alimentation, car nous prévoyions quitter le lendemain pour le Salar d’Uyuni. Malheuresement, en soirée, nous avons appris que mardi le 19 août, une autre manifestation bloquerait les routes, et qu’il serait impossible d’entrer ou de sortir de Sucre. Un touriste qui devait faire un trek ce jour-là était particulièrement déçu… Les manifestations ici sont monnaie courante, il y en a à peu près toutes les semaines. Quelquefois, elles durent plus d’une semaine. J’espère que ce bloquéo ne durera que vingt-quatre heures! En attendant, nous nous contenterons de lire nos bouquins. Notre réserve de propane est aujourd’hui épuisée; il n’est pas possible de se réapprovisionner ici en Bolivie, car incompatibilité des bouteilles et des adapteurs nord-américains… Il nous faudra donc attendre d’être entrés au Chili avant de pouvoir faire le plein de propane pour la cuisinière et le frigo. Lorsque nous serons en Argentine, nous essaierons de nous faire usiner un nouvel adapteur pour notre réservoir équatorien, il paraît que les tourneurs-fraiseurs du coin sont assez ingénieux. Et comme nous prévoyons passer quelques mois en Argentine, je pense que cette dépense se justifie… Nous regrettons de n’avoir pas vérifié cette question avant de partir, car il paraît qu’il est possible de se procurer aux États-Unis ou en Europe un adapteur universel pour le propane, mais qu’il est toutefois impossible d’importer ce genre d’appareil par la poste en Amérique du Sud. Mercredi le 20 août nous avons quitté Sucre, mais après 50 kilomètres, nous sommes arrivés à un bloquéo important: un camion avait déversé un chargement de pierres sur la route, et des arbres coupés jonchaient le sol… On nous a dit qu’il y avait trois autres bloquéos, et qu’il faudrait attendre. Nous sommes retournés à Sucre, et nous avons essayé d’obtenir des informations à la station de police. Ils nous ont suggéré de retourner dans l’après-midi, qu’il y aurait peut-être des développements quant aux négociations… Au terminus d’autobus, ils nous ont confirmé que toutes les routes menant à Sucre étaient bloquées: la route vers Tarabuco et Tarija, la route vers Oruro, la route vers Potosi, ainsi que la route vers Cochabamba et Santa Cruz. Il y a bien une terrible route de terre vers Oruro, mais on semble dire qu’elle est bloquée aussi. Il paraît que les manifestants sont assez agressifs, et que d’essayer de passer de nuit ne serait pas une solution. Jeudi matin, les nouvelles ne semblaient pas plus encourageantes, toutes les routes étaient encore bloquées… Quelle histoire, nous sommes pris dans cet engrenage, il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire. En Bolivie, il semble que Sucre et Potosi soient les deux villes où les bloquéons sont les plus fréquents. Nous sommes aujourd’hui samedi le 23 août. Croisons les doigts que ce bloquéo ne durera pas une éternité!

10 août 2008

La Paz, Bolivie!

Nous sommes toujours à La Paz, en cette belle journée du 10 août! Aujourd'hui est jour de référendum, alors tout est fermé ici, la circulation automobile est interdite, tout le pays est endormi... Il est possible de traverser les rues sans se préoccuper des voitures, alors que c'est toujours un peu difficile en temps normal à cause du traffic extrêmement dense... Nous avons acheté hier une vingtaine de DVD, car dans les autres pays que nous visiterons (Argentine, Chili, Uruguay, Brésil) il est seulement possible de louer des films, et pour le même prix qu'il en coûte ici en Bolivie pour les acheter! Nous avons aussi trouvé des concerts de Pink Floyd, de Chicago, de Santana, etc... Pierre est absolument ravi, cela faisait longtemps qu'il voulait se procurer ces DVD. Comme les commerces, les magasins, les restaurants, les bureaux touristiques et les attractions en tous genres sont fermés aujourd'hui, nous en avons profité pour faire le grand ménage. Nous avons lavé la literie, les rideaux de la Westfalia, les tapis, bref, nous avons passé une bonne partie de la journé à faire du nettoyage. Pierre a changé la courroie du "Power Steering" et vérifié les fusibles pour le chauffage avant. Il nous reste encore à trouver de l'antigel rouge pour les moteurs aluminium, des allumettes et un bidon pour l'essence, alors lorsque les commerces seront à nouveau ouverts demain matin, nous en profiterons! Au plaisir!

09 août 2008

Du Chili à la Bolivie

La ville d'Antogasta n'est à peu près pas décrite dans les guides, nous pensions donc qu'il n'y aurait pas grand-chose à visiter... Nous avons été supris, car c'est une ville très propre, idéale pour se ravitailler pour les provisions, avec de grands centres d'achats, plusieurs musées (cette ville appartenait à la Bolivie avant la Guerre du Pacifique), et la mer est absolument fantastique. Nous nous sommes même baignés, malgré la fraîcheur de l'eau, qui était très propre et très claire. Nous avons surtout apprécié La Portada, une formation rocheuse en forme d’arche située dans la mer au large de la plage. Les falaises, les grottes, les oiseaux, et le rocher lui-même (un peu plus petit que le Rocher Percé en Gaspésie) font de cet endroit un lieu vraiment spécial. Nous y avons rencontré un groupe d’Allemands avec deux véhicules blindés qui ont voyagé en Amérique du Sud pendant 20 mois (ils retournent en Allemagne dans 4 mois). Ils trouvent que l’essence est très chère ici (si on compare avec l’Ecuador et la Bolivie, c’est trois à quatre fois plus cher). Il faut dire que ces véhicules militaires consomment 20 litres aux 100 kilomètres! Nous avons donc campé à côté d’eux, en haut d’une falaise avec vue imprenable sur la mer. Mercredi matin, le 6 août, nous sommes partis d’Antofagasta, nous avons fait le plein d’essence, puis nous avons roulé toute la journée dans le désert, et nous avons aussi aperçu quelques salars… Aucune végétation, seulement du sable et des pierres, et une belle route d’asphalte rectiligne! Nous nous sommes rendus juste après Huara, aux géoglyphes Gigante d’Atacama, des dessins qui ressemblent un peu aux lignes de Nasca au Pérou. Nous avons admiré le coucher du soleil sur les montagnes et ce matin, jeudi le 7 août, nous reprenons la route… Nous voulons retourner à La Paz en Bolivie afin de récupérer notre colis, en passant par une route différente afin d’admirer les Parcs Nationaux du Nord. La route que nous avons prise pour nous rendre à Antofagasta longeait la mer, alors que celle que nous empruntons maintenant passe par l’Altiplano (montagnes). Il n’y a pas de station-service entre Pozo Almonte (trente kilomètrres avant Huara) et Colchane (frontière de la Bolivie). Nous avons bien un bidon de deux gallons que nous avons fait remplir à Pozo Almonte, mais nous venons de nous rendre compte qu’il coule, alors ce matin nous avons dû nettoyer le porte-bagages! Nous avons roulé toute la journée pour nous rendre jusqu'aux sources thermales du salar de Surire. Nous étions accompagnés de flamants roses qui semblaient ne pas se préoccuper du tout des baigneurs juste à côté d'eux! Nous étions seuls dans toute cette immensité blanche, puisque le sel recouvre tout. Les montagnes entourant le salar sont aussi très pittoresques, et nous avons vu des vizcuchas (moitié lièvre, moitié écureuil), des vizcanas (même famille que les lamas je crois, mais avec une fourrure moins fournie de couleur fauve, cela ressemble un peu aux daims), et même deux condors dans le ciel. Malgré les routes de terre, nous nous disions que de nous rendre jusqu'ici en avait vraiment valu le coup. Pourtant, vendredi matin (8 août), quelle surprise au réveil de constater que la neige recouvrait tout, et que la tempête semblait continuer... Bien sûr, il avait fait froid durant la soirée, mais nous ne nous attendions certainement pas à la neige... Tout était blanc, on ne voyait absolument pas où était la route, alors nous avancions très lentement. Après avoir traversé le Parc Surire, la route de terre continuit vers la Bolivie (Tambo Quemado), pour encore 250 kilomètres environ. Nous sommes arrivés à un col dans les montagnes où une douzaines d'énormes camions étaient bloqués, à cause de la glace. Personne ne pouvait reculer, et un camionneur nous a demandé de rebrousser chemin pour aller chercher de l'aide à l'entrée du parc, à environ une vingtaine de kilomètres de là. Nous étions un peu réticents, puisque nous avions juste assez d'essence pour nous rendre en Bolivie (aucune station entre Pozo Almonte et la Bolivie) , mais le camionneur nous a assuré que les services de voirie pourraient nous fournir du gaz... Alors que nous étions presque à l'entrée du parc, nous avons rencontré un bulldozer et le camionneur que nous transportions avec nous nous a demandé de le débaqrquer parce qu'il connaissait le conducteur... Nous nous sommes rendus à l'administration du parc et pas de chance, les pompes étaient hors service, et ils n'avaient aucun bidon d'essence... Nous avons décidé d'attendre, que pouvions-nous faire d'autre? Finalement, l'électricité est revenue (ce n'est pas tous les jours qu'ils ont des tempêtes de neige au Nord du Chili), et nous avons acheté 15 litres d'essence (à 2$ le litre) pour pouvoir poursuivre notre route, en laissant un cigare au garde, parce que les particuliers ne sont pas autorisés à s'approvisionner en essence à cet endroit, même s'ils paient! Nous avons dépassé tous les camionneurs, qui avaient de la difficulté à avancer parce qu'ils ne sont pas habitués à la neige et que leurs pneus ne sont pas conçus pour cela j'imagine. Certains faisaient des bonhommes de neige sur le bord de la route, et tout le monde semblait ravi, même s'ils étaient bloqués à cause de la température. C'est vrai que les paysages tout blancs avec les montagnes couvertes de neige et le ciel d'un bleu intense étaient d'une incroyable beauté... Nous avons emprunté un tout petit chemin de terre et franchi six ruisseaux avant de nous rendre en Bolivie, car sur la carte routière que nous avions, ce chemin semblait plus court, mais nous n'avons rencontré aucune âme qui vive en chemin. Lorsque nous sommes arrivés en Bolivie (après toutes les difficultés pour traverser les douanes) et que nous avons fait le plein d'essence, il nous restait 8 litres dans le réservoir. Nous voulions nous rendre au bureau de poste de La Paz avant la fermeture à 20 heures, alors nous avons sauté les repas et roulé le plus vite possible. Pierre m'a déposé au bureau de poste afin de trouver un endroit pour stationner (au centre-ville de La Paz, c'est difficile), et lorsque j'ai demandé à la préposée et qu'elle m'a dit qu'ils n'avaient toujours rien, j'ai éclaté en pleurs! C'était tout à fait impossible qu'un colis express dont les frais d'expédition se montaient à 50 dollars ne soit pas encore arrivé, alors qu'il avait été posté depuis un mois... Finalement, la dame a accepté d'aller vérifier dans les colis avec des problèmes d'adresse et miracle, le colis était arrivé depuis le 17 juillet, alors qu'il avait été p0sté le 11, soit 6 jours... Cela veut dire que les trois fois où nous sommes allés vérifier, le colis était là! J'ai fait des fettucini aux moules pour le souper, après que nous nous soyions installés dans un stationnement payant, le Parquéo La Paz sur la rue 20 Octobre. Ce matin, nous retournerons voir Volkswagen Auto Motors (ils sont fermés le samedi, mais parfois, les mécaniciens travaillent quand même). La chaufferette avant nous a lâché, et nous en avons besoin pour dégivrer les fenêtres, surtout si nous faisons le salar d'Uyuni. Et nous utilisons souvent le chaufffage avant lorsque nous montons dans les montagnes pour refroidir un peu le moteur. Je sais, c'est difficile à croire, mais cela empêche la température du moteur de monter, c'est un truc que nous avons appris lorsque nous avons monté le Mont Washington. Nous voulons aussi acheter d'autres livres, d'autres DVD, de l'eau, etc... En principe, nous quitterons La Paz pour Potosi (mine d'argent des siècles derniers) dès que nous aurons terminé nos courses, mais comme nous sommes en fin de semaine et que demain est un jour politique important ici, nous verrons! Un beau bonjour à nos amis et à notre famille que nous manquons beaucoup!

05 août 2008

Chili (Antofagasta)

Dimanche le 3 août, nous sommes partis d’Iquique après avoir tenté en vain de rejoindre le fils de Pierre pour son anniversaire. Nous avons dû attendre jusqu’à onze heures que le centre d’achats ouvre, et une fois ouvert, on nous a expliqué que les lignes étaient hors service. Nous avons finalement trouvé un locutorio mais nous avons rejoint le répondeur et laissé un message… Puis nous sommes partis en direction d’Antofagasta, en longeant la mer pendant toute la route. Aucune végétation, seulement le désert, du sable et des rochers, un ciell d’un bleu intense, et bien sûr des vagues très fortes… Nous avons campé à Rio Loa, près d’une rivière, car nous voulions laver le tapis recouvrant le plancher du véhicule. Nous nous sommes donc installés entre la rivière et la mer, et nous avons passé une petite soirée tranquille. Lundi le 4 août, nous avons continué jusqu’à Antofagasta, et comme nous sommes arrivés tard en après-midi, nous avons trouvé un endroit pour camper au bord de la mer en nous promettant de visiter la ville le lendemain. Antofagasta est une belle grosse ville au bord de la mer, avec un immense promenade tout le long de la mer... Nous pensons retourner sur nos pas pour nous rendre à La Paz, en empruntant une route différente (route de terre entre les Parcs Nationaux, où nous devrions voir des geysers, de glaciers, et des sources d'eaux thermales. Au plaisir!