21 septembre 2008

Chili (Paso de San Francisco à La Serena)

Nous avons quitté Cafayete samedi le 13 septembre, et nous nous sommes dirigés vers les ruines archéologiques Quilmes en fin d’après-midi. Nous sommes arrivés à l’heure du souper, et nous avons décidé de nous installer pour camper et de visiter les ruines le lendemain matin, afin de ne pas trop se presser… Quelques minutes plus tard, deux Canadiens ont passé (voiture louée de l’Argentine, mais drapeau du Canada bien en vue), et nous nous sommes empressés d’aller leur dire bonjour. Ruth et Éric sont de Victoria (ils ont leur ferme tout près de Butchart Gardens et de Butterfly World, deux endroits que nous avons adoré visiter). Après le souper, nous avons passé une bonne partie de la soirée à jaser avec eux, et dimanche matin, nous les avons retrouvés pour la visite des ruines, qui sont très différentes de celles du Pérou, du Mexique, du Bélize ou du Guatémala. Comme ils ont pris l’avion jusqu’à Buenos Aires et qu’ils montent vers le Nord alors que nous descendons vers le Sud, ce serait vraiment un coup de chance si nous les croisions encore, mais cela nous a fait extrêmement plaisir de les rencontrer! La location de leur campeur leur coûte 16,000$ pour trois mois, ou cent euros par jour! Cela nous fait apprécier notre véhicule, car nous n’avons aucun frais de location… En quittant le site archéologique, des Argentins sont venus nous dire bonjour, et nous avons appris que la semaine passée, le Paso San Francisco, une des frontières entre l’Argentine et le Chili, était fermé à cause de la neige et de la glace. Des voyageurs que nous connaissons, personne ne semble avoir fait ce col, alors nous verrons sur place. Habituellement, cet endroit est fermé à la circulation de mars à octobre, mais comme nous sommes déjà à la mi-septembre, nous prendrons une chance! Mon chum adore ce genre d’aventures, il aime beaucoup passer là où personne n’est passé, mais parfois, notre pauvre véhicule souffre affreusement des routes de terre… Il faut dire que les paysages sont à couper le souffle cependant, alors cela compense! Et puis, le voyage ne serait pas aussi excitant s’il n’y avait pas ces moments où l’on se demande si l’on finira par arriver sains et saufs! De Quilmes, nous sommes passés à Santa Maria, puis nous sommes arrivés en début de soirée un peu avant Tinogosta où nous nous sommes installés pour la nuit le long d’un sentier pas très loin de la route. Lundi le 15 septembre, nous avons continué vers Paso San Francisco, et nous nous sommes arrêtés aux eaux thermales de Fiambala un peu avant le dîner. Nous avons vraiment profité de ces grands bassins d’eau très chaude aux vertus thérapeutiques (plus on monte haut, et plus l’eau est chaude, et il y a une dizaines de bassins je crois) et nous avons continué en après-midi jusqu’aux douanes argentines. Nous avons décidé de nous arrêter juste à côté des douanes, puisque nous étions déjà à 4,000 mètres d’altitude et que du côté du Chili, on monte ensuite rapidement jusqu’à 4,700 mètres! Il a fait vingt degrés sous zéro pendant la nuit, je crois que c’est la nuit la plus froide que nous ayions connue, mais le véhicule a bien assuré! Durant la soirée, nous avons écouté un concert des Rolling Stones, et un autre de Chicago… Mardi le 16 septembre, nous avons continué notre route du côté du Chili, et nous avons adoré la Laguna Verde. Je pense qu’il s’agit d’un des endroits déserts les plus extraordinaires que nous ayons vus jusqu’ici! Nous étions absolument seuls, il faut croire que l’endroit fait encore partie des secrets bien gardés! Les montagnes couvertes de neiges se réflétant dans la lagune, la couleur turquoise de l’eau, la vapeur des sources d’eau chaude et le sable fin et blanc des falaises et de la plage, il s’agit vraiment d’un endroit magnifique! Cependant, nous n’avons rencontré hier qu’un seul autre véhicule sur le chemin de l’Argentine au Chili, et aujourd’hui, deux autos nous ont croisés entre la frontière du Chili et le parc Nevado de Tres Cruces… Il faut croire que cette route n’est pas très fréquentée ou que ce n’est pas la bonne saison? En passant aux douanes du Chili, juste après le salar Maricunga, nous avons eu droit à une fouille absolument complète du véhicule, par quatre officiers. Il nous ont fait ouvrir le toit, et ils ont regardé absolument partout. Ils ont trouvé deux carottes, la moitié d’un piment et une queue d’échalotte, ainsi qu’un pot de miel et un sac de raisins secs pas encore ouvert, et ils ont tout confisqué bien sûr! C’est la troisième fois que nous passons au Chili (Tambo Quemado et Ollaque auparavant) et nous n’avions jamais eu une inspection aussi sévère avant. Nous essayons toujours d’avoir le minumun de nourriture lorsque nous passons les frontières, mais vraiment, je ne savais pas que le miel était sur la liste des produits interdits… Nous avons ensuite continué jusqu’à l’océan Pacifique, à la ville de Chanäral, et comme nous étions tous les deux fatigués, nous nous sommes arrêtés à la première station-service que nous avons rencontrée. Nous avons visionné un film français avec Jean Reno, et nous avons profité du reste de la soirée pour lire… Mercredi le 17 septembre, nous avons visité la petite ville de Chanäral, et nous nous sommes rendus au parc Pan de Azucar (Pain de Sucre). Il paraît qu’il y a plusieurs pingoins en mai et juin sur l’île, mais on ne peut y mettre les pieds, on peut seulement admirer les pingoins de loin, en restant sur le bateau. Nous voulions nous rendre au mirador, mais une chaîne de fer barrait la route, alors nous avons rebroussé chemin. Nous nous sommes arrêtés en début d’après-midi le long du Pacifique, à un endroit désert tout près d’une petite crique. Il y avait des millliers de coquillages, des étoiles de mer, des oursins de mer, de petits crabes et des goélands. C’est agréable de camper seuls sur la plage… Il faut dire qu’ici au Chili, les campings organisés demandent trente-deux dollars et plus par nuit, et les cabanas sont à 88 dollars par soir pour deux. Nous sommes tellement habitués de faire du camping sauvage que nous ne voyons pas tellement l’utilité de camper dans les campings pour touristes durant la saison morte. Bien sûr, quand la saison touristique bat son plein, on risque de rencontrer d’autres voyageurs au long cours, mais ce n’est même pas encore le printemps ici! Jeudi le 18 septembre, nous sommes arrivés en matinée à Caldera, et nous avons visité le cimetière (plusieurs tombes d’Anglais et d’Écossais), l’église de bois, et le monument de Jacques Cousteau. Nous avons acheté quelques légumes, et nous sommes repartis juste après le dîner pour nous rendre à Bahia Inglesia, là où se trouvent les plus belles plages du Chili. Cela m’a fait penser un peu au Parque Tayrona en Colombie, sauf qu’il y avait plus de monde et que l’endroit n’était pas aussi nickel… Et bien sûr, pour le snorkelling, il n’y a pas grand-chose à voir ici, alors qu’au Parque Tayrona, il y avait des milliers de poissons de toutes les couleurs! Nous avons admiré des jeunes qui faisaiet du paragliding en surfant sur la mer, et après le souper, nous avons continué vers Playa Los Chorillos, où des falaises blanches surplombaient une mer agitée par un vent violent. Nous avons visionné le film Arsène Lupin dans la soirée. Nous avons cru que nous étions seuls, mais le lendemain matin, nous nous sommes aperçus qu’il y avait trois autres campeur plus bas, cachés dans les rochers… Vendredi le 19 septembre, nous sommes entrés à Copiapo et nous nous sommes arrêtés à l’usine de propane, mais ils étaient fermés en raison de la fête nationale du 18 septembre… Nous avons un peu visité la ville, mais il n’y a pas beaucoup à voir, et nous nous sommes ensuite dirigés vers la côte du Pacifique. Nous nous somnmes arrêtés à un petit village de pêcheurs, après Puerto Viejo mais avant Huasco, et nous nous sommes enlisés dans le sable en nous dirigeant vers la plage. Pierre a creusé pour dégager les roues durant que je trouvais des pierres plates pour mettre sur la piste. Finalement, 4 jeunes nous ont aperçu et sont venus nous pousser… Une autre soirée très tranquille! Samedi le 20 septembre, nous sommes allés faire un tour du côté du parc Llanos de Challe, et nous avons fait une grande promenade sur la plage de sable blanc, aussi doux que de la farine… Le camping à cet endroit coûte 12$ par jour, et il y a beaucoup de gens. Il y avait même un classe de yoga sur la plage… Nous avons trouvé une pipe pour le haschis dans le sable. Elle est en verre avec des fleurs de couleur pastel, très jolie… Pierre ne voulait pas la garder, car nous ne fumons pas de drogues, mais c’est tellement un bel objet de collection… Nous avons continué juste un peu plus loin, sur la plage Agua de Luna, et comme cet endroit n’est pas dans un parc national, il est gratuit, et finalement tout aussi beau! Il y a aussi d’autres campeurs, mais ils ne sont pas vraiment près de nous. Il n’est pas midi encore et nous sommes déjà installés… Une plage magnifique, une mer très bleue, vraiment, c'est superbe ici! Nous avons passé une soirée tranquille à lire ( Le Pendule de Foucautl d'Umberto Eco pour moi, tandis que Pierre finit le livre The Closers). Dimanche le 21 septembre (le printemps ici) nous avons continué jusqu'à La Serena, une petite ville charmante parfaite pour le magasinage! Je suis présentement chez MacDonald's, un des meilleurs endroits pour le Wi-Fi ici... Un beau bonjour à tout le monde!

13 septembre 2008

Cachi et Cafayete

Mercredi le 10 septembre, nous sommes allés au centre-ville de Salta afin d’acheter de l’assurance-automobile pour l’Argentine et les pays limitrophes. Il nous a fallu toute la journée! Le premier assureur chez lequel nous sommes allés ne pouvait nous assurer puisque nous n’étions pas des habitants de l’Argentine. Nous nous sommes donc rendus chez une autre agence, et finalement, en raison de la fameuse sieste de treize heures à dix-sept heures, nous avons dû patienter un peu… Ici en Argentine, il n’est pas possible de payer directement le commerçant, il faut se rendre chez Pago Facil. Nous avons bien essayé de payer chez Rapido Pago (plus près) mais cela n’a pas fonctionné, et nous avons donc marché jusqu’au bout de la ville… Nous avons mangé des empenadas pour dîner chez un restaurateur local, que Pierre n’a pas tellement apprécié puisqu’il avait doublé les prix pour nous (partout ailleurs en ville la bière était trois fois moins chère, 3 pesos et non 9…) Nous avons rencontré deux jeunes Belges en voyage pour trois semaines près du téléférique et du marché aux puces, et nous avons même trouvé des tartes à la meringue et au citron! Après avoir passé presque toute la journée à marcher, nous étions contents de retourner au camping. Il faut dire que nos voisins Suisses, François et Nicole, sont tout à fait sympathiques… Jeudi le 11 septembre, nous nous sommes décidés à partir vers Cachi (route panoramique très tortueuse avec plusieurs sections en terre, ou ripio... Nous étions dans les nuages sur une bonne partie de la route, et la visibilité était à peu près nulle! Nous nous sommes arrêtés en fin d’après-midi au Parc National Los Cardones, parmi les cactus géants, seuls au monde! Un endroit vraiment magnifique! Vendredi matin, nous sommes entrés à Cachi, un petit village tout mignon, vraiment colonial, avec les rues en pierres et les maisons en adobe blanc. Nous avons revu François et Nicole sur la place du village, et nous en avons profité pour visiter le musée archéologique. Nous sommes ensuite repartis vers Cafayate (165 kilomètres sur un chemin très étroit, une route de terre naturellement). Après 80 kilomètres de mauvaise route, nous commencions à en avoir assez, et nous nous demandions si nous avions bien fait de prendre cette route, réputé pour ses paysages... Heureusement, peu après, nous sommes entrés dans la Quebrada Flechas, et nous avons pu voir des paysages lunaires tout à fait fantastiques. Nous sommes arrivés à Cafayete en fin d'après-midi, et nous avons décidé de camper un peu en sortant de Cafayete, juste en entrant à la Quebrada Las Conchas. Féérique! Nous avons visionné le DVD français Le Scaphandre et le Papillon, un film primé qui nous a surpris agréablement. Samedi le 13 septembre, nous nous sommes rendus jusqu'à Alemania, et nous avons absolument adoré les canyons, quebradas et ravins le long de la route. Ces paysages sont tout à fait incroyables, nous croyions avoir tout vu avec les parcs nationaux de l'Utah, mais ces paysages sont inimaginables, je pense que les photos ne rendent pas vraiment justice... Nous avons aussi visité une Bodega (vigne) artisanale très ancienne (Vasija Secreta) et nous avons bien aimé, mais pour goûter, ils servent dans de grands verres: j'avais beau jeu, je pouvais verser mon verre dans celui de Pierre incognito... Demain nous aimerions faire le sentier pour nous rendre jusqu'à une chute de 10 mètres non loin d'ici (seulement 10 kilomètres de promenade), et nous nous dirigerons probablement vers Tucuman. Au plaisir!

04 septembre 2008

Salta, Argentine

Mercredi le 3 septembre, nous avons décidé de partir pour l’Argentine en passant par le Paso Jama, un col très haut à travers les montagnes. À la douane du Chili, les formalités ont duré plus d’une demie-heure, alors qu’à celle de l’Argentine, les douaniers n’ont pas mis plus de quinze minutes. En sortant de San Pedro de Atacama, Pierre a décidé de prendre un jeune Français qui cherchait un moyen de transport pour passer à Salta, à 635 kilomètres d’où nous étions. Nous pensions pouvoir faire ce trajet en une seule journée, mais il était dix-huit heures trente et nous étions à plus de 100 kilomètres avant Salta… Comme Pierre était fatiqué, nous nous sommes arrêtés à un camping et Frédéric a planté sa tente juste à côté de nous. Les paysages pour se rendre à Salta sont absolument incroyables, il y a des montagnes rouges, vertes, ocres et grises. La route est superbe, nous avons traversé un immense salar (Salinas Grandes) et aperçu de nombreuses lagunes de couleur turquoise, vert et bleu indigo (certaines étaient gelées, alors la glace et la neige étaient omniprésentes) … Bien sûr nous avons aussi vu des lamas et des vigognes. Le col Jama est assez impressionnant à 4,700 mètres, et il y a plusieurs miradors le long de la route. Le lendemain matin, jeudi le 4 septembre, nous sommes arrivés à Salta juste avant midi. Nous avons acheté un guide Firestone pour les routes, et nous avons visité la cathédrale. Nous planifions nous rendre au camping Carlos Xamena à deux kilomètres d’ici. Bien sûr, la piscine est fermée puisque nous sommes en plein hiver, mais il y a des douches chaudes, et même la salle de bains est chauffée! Le grand luxe quoi! Nous avons rencontré deux jeunes Canadiens de Colombie-Britannique, Josh et Aïda, qui sont ici depuis deux semaines et qui voyagent depuis onze mois. C’est agréable de rencontrer des Canadiens, nous en avons vu tellement peu depuis le début du voyage… Vendredi matin, Pierre a fait la rotation des pneus, et moi j’ai cuisiné. Nous en avons aussi profité pour laver les vêtements. Il fait un peu froid ici, c’est un peu comme l’automne ou le printemps chez nous. Pour les Argentins, le printemps approche à grands pas, alors que chez nous au Canada, c’est l’automne qui s’en vient: le système des saisons est inversé de l’hémisphère Nord à l’hémisphère Sud! Nous avons visionné en soirée le film Sicko (documentaire de Michael Moore sur le système de santé américain), puis un autre documentaire d’Oliver Stone de 2002 avec Fidel Castro. Je ne savais même pas que ce film existait… Je ne sais pas si c’est la censure qui l’a interdit chez nous ou si ce film n’a pas eu de succès puisqu’il s’agit d’un documentaire? Quoi qu’il en soit, nous avons trouvé ces deux films fort intéressants, mais peut-être un peu biaisés tout de même! Samedi et dimanche, nous avons flâné au camping. Nous avons regardé les films Elizabeth, avec Cate Blanchett (intéressant), L’Assassinat de John Lennon (très ordinaire), Grizzly Man (le gars qui s’est fait dévorer par un grizzly en Alaska et qui chaque été filmait les ours de près), La Science du Sommeil (un film français avec Miou-Miou et Charlotte Gainsbourg), ainsi qu’un autre film où Jim Carrey joue le rôle de plusieurs personnages… Lundi le 8 septembre, j’ai lavé tous les tapis du véhicule (le plus grand doit bien faire 6 pieds par quatre pieds), le tableau de bord, le coffre à gants, et Pierre a enlevé la batterie principale (complètement recouverte de poussière) et les sièges. Nous avons nettoyé minutieusement l’intérieur du véhicule, car avec toutes les routes de terre que nous effectuons, la poussière semble s’infiltrer partout… J’ai enfin pu rejoindre Annik de la Caisse Populaire pour qu’elle m’envoie un spécimen de chèque (les numéros de transit ont changé depuis que la Caisse St-Raymond s’est jointe à la Caisse St-Joseph de Hull), ainsi qu’une carte de guichet automatique (depuis le vol au Pérou en juin, mon compte était inaccessible). Et en soirée, nous avons pris un verre de vin avec nos voisins Suisses, François et Nicole, qui voyagent avec leur fils de quatre ans et qui terminent leur voyage à la fin décembre de cette année… Nous sommes aujourd’hui mardi le 9 septembre, et nous voulons vérifier pour les assurances automobiles ici en Argentine. J’aimerais aussi trouver un Internet Wi-Fi pour transférer mes photos (pas facile, vraiment: il faudrait passer quelques nuits dans des hôtels luxueux pour pouvoir profiter de ce service). Il y a bien quelques grandes villes où j’ai pu trouver des restaurants qui étaient dotés du Wi-Fi, mais vraiment, c’était beaucoup plus facile en Amérique du Nord… Nous voudrions aussi vérifier pour le propane, un autre problème pour nous en Amérique du Sud! Ce serait tellement plus facile s’il n’y avait pas ce problème de compatibilité pour les adaptateurs de propane entre chaque pays! Nous pensons reprendre la route demain le 10 septembre, et nous diriger vers Cayafete… Au plaisir!

Sucre, Salar d'Uyuni, Calama, San Pedro de Atacama

Ouf! Mercredi matin, dès que nous avons su que les bloquéos étaient suspendus (trêve de quelques heures ou de quelques jours, qui sait), nous avons filé en direction de Potosi pour nous diriger vers le salar d’Uyuni. Sur des kilomètres, les pierres s’amoncellaient, et nous n’en revenions pas de voir les résidus de vitre cassée et les cendres un peu partout sur la route! Une cinquantaine de kilomètres plus loin, juste après le pont Mendez, plus aucune trace du bloquéo, mais même pour un touriste qui aurait voulu faire le trajet à pied, cinquante kilomètres c’est un peu long… Nous sommes arrivés à Potosi vers midi, nous avons fait remplir notre réservoir et nos bidons d’essence, et il nous a fallu près d’une demie-heure pour quitter la ville puisque le pont était en réparation et que tout le monde nous envoyait dans des directions différentes. La route entre Pototsi et Uyuni est en terre, et il y a des travaux partout. Je pense qu’ils élargissent la route pour éventuellement la paver, c’est parfait, sauf que tous les détours à cause de la construction nous ont un peu retardés (7 heures). Nous nous sommes donc installés (après Tica-Tica et avant Pulacayo) près de la route en soirée. Le lendemain matin, nous nous sommes dirigés vers Uyuni, où nous avons rencontré plusieurs touristes, dont des Russes et des Tchéquoslovaques. Nous nous sommes promenés le long du marché, sans oublier le cimetière des locomotives. Il faut voir ces énormes engins rouillés au bout du village. Les trains étaient utilisés pour transporter l’argent de Potosi à Uyuni vers le Chili, mais maintenant, il n’y a plus qu’un train par semaine! En fin d’avant-midi nous avons quitté Uyuni et nous nous sommes dirigés vers Colchani, le premier village du salar. Tout est blanc, et les travailleurs remplissent les camions à la pelle, quel travail difficile! Ils n’ont pas de grues ou d’outils mécaniques, tout semble se faire à la main, et les salaires ne sont pas terribles non plus. Puis nous avons continué vers l’Hôtel de Sel, un bâtiment tout en sel, avec des meubles en sel, des murs en briques de sel, des sculptures en sel: bref, il n’y a que du sel à cet endroit, et c’est très beau. Cela me faisait un peu penser à l’hôtel de glace à Québec! Nous avons suivi les Jeeps 4 x 4 chargés de leurs clients (nous n’avons pas de GPS, malgré que cet instrument soit très recommandé ici, car il y a des pistes partout et les boussoles ne fonctionnent pas à cause du sel je crois) et nous sommes arrivés à l’île des Pescadores, une île de corail avec des centaines (ou des milliers?) de cactus géants (jusqu’à douze mètres). Incroyable, cette île de cactus au milieu d’une mer de sable blanc entourée de volcans, sous un ciel d’un bleu profond sans aucun nuage! Nous avons rencontré deux Québécois à la retraite, Lise et Michel de St-Eustache, et nous avons eu beaucoup de plaisir à échanger avec eux. Michel est Suisse d’origine, mais il est au Québec depuis environ trente-cinq ans. Lise est institutrice, alors que Michel est ingénieur mécanique. Nous avons visité l’île avec eux (grotte de corail, mirador, etc.) et nous avons jasé avec eux dans leur Chalet (roulotte montée dans leur camion 4x4 de 250 chevaux) en soirée. Ils font un peu le trajet inverse de nous, ils ont déjà visité l’Argentine, le Chili et le Brésil, et ils remontent tranquillement vers le Québec (ils projettent d’y être en mars 2009). Le lendemain matin, nous sommes repartis vers San Juan pour nous diriger vers le Chili. Après le salar, la route était terrible (Michel nous avait même dit avoir fait deux crevaisons la veille), et les indications étaient absolument nulles (plusieurs pistes, mais aucun panneau indiquant quoi que ce soit). Nous sommes finalement arrivés à San Juan, et nous avons continué sur un autre salar un peu moins blanc (Chiguana) en longeant une voie de chemin de fer pour nous guider. La route, ou plutôt la piste, était franchement exécrable, et nous avions hâte d’arriver au Chili. Je ne conseille à personne de passer par San Juan: oui cela sauve environ une centaine de kilomètres de routes de terre (autrement il faut revenir par Uyuni et passer par San Cristobal) mais les pistes sont tellement difficiles! En sortant de Bolivie, il faut maintenant payer à la frontière bolivienne 21 bolivianos par personne (depuis le 16 juin 2008 selon un papier affiché sur le mur). Pour le Chili, il y a une inspection complète du véhicule, à la fois par les douanes et par le Service d’Agriculture (aucun fromage, produit laitier, viande, légume ou fruit, amendes très salées!). Nous étions contents de nous retrouver sur les routes du Chili (route de terre jusqu’à Calama, mais au moins, cette route est une vraie route, pas une piste de tracteur!). Les paysages ici sont fabuleux: cols très hauts, salars, montagnes, volcans fumants, etc. Nous nous sommes arrêtés à la station ferroviaire San Pedro pour la nuit, et ce matin, samedi le 30 août, nous nous dirigeons vers Calama. Il y a une énorme mine de cuivre tout près, Chuquicamata, la plus grosse mine de cuivre à ciel ouvert au monde… Mais comme nous sommes aujourd’hui samedi et que la mine est fermée pour la fin de semaine aux visiteurs, nous nous y rendrons lundi. Nous avons donc lavé et ciré le véhicule, et nous avons aussi fait faire un changement d’huile. Bien sûr, nous avons fait l’épicerie (nous avons trouvé plusieurs des aliments qui nous avaient manqué lorsque nous étions en Bolivie) et fait quelques emplettes au Home Center (un peu comme le Canadian Tire ou le Home Depot). Avec beaucoup de difficultés, nous avons fait remplir le petit réservoir de propane (10 litres) chez Lipigaz pour presque 14$ américains! Plus cher qu’au Canada (6$), mais le Chili n’est pas un pays où le coût de la vie est bon marché. L’essence y est trois fois plus chère que’en Bolivie, mais les routes sont meilleures, et les gens respectent les feux de circulation ainsi que les limites de vitesse et ils ne klaxonnent pas sans arrêt comme en Bolivie. Chaque pays a ses plus et ses moins, c’est certain… Les gens sont très gentils et très serviables ici, et plusieurs parlent anglais! Dimanche le 31 août, j’ai essayé de connecter mon portable sur Internet (Wi-fi au centre d’achats), mais le signal était vraiment trop faible. Nous avons aussi essayé de visiter la mine, mais ce n’était pas possible avant mercredi après-midi, alors nous avons laissé tomber. Nous nous sommes dirigés vers la Vallée de la Luna, un peu avant San Pedro de Atacama, et nous avons adoré cet endroit incroyable. Nous avons marché dans les dunes et les canyons, et admiré les paysages fantastiques. Cet endroit est très difficile à décrire, j’espère que les photos pourront mieux expliquer… Nous avons campé à la Vallée de la Mort, juste à côté de l’immense croix blanche. Lundi le 1er septembre, après nous être un peu promenes dans la Cordillère de Sel (Vallée de la Mort), nous sommes entrés à San Pedro de Atacama. Nous avons vérifié avec les agences pour retourner en Bolivie voir les lagunes Verde et Colorado, ainsi que les geysers El Tatio (qui se trouvent au Chili, à 95 km. d’ici). Il n’y avait pas suffisamment de passagers (certains autobus exigent 27, mais le minimum est 10), et nous avons décidé de laisser faire. Finalement, nous nous sommes débarassés des bidons d’essence qui prenaient vraiment trop de place dans le véhicule, et nous avons changé nos bolivianos pour des pesos chiliens. Nous avons marché dans les rues de San Pedro, et visité l’église très ancienne en adobe. Nous sommes ensuite allés nous baigner à la lagune Cejar, où l’eau est tellement remplie de sel qu’il est impossible de ne pas flotter. Il y a 16 mètres d’eau de profondeur, mais c’est impossible de toucher le fond, on remonte aussitôt à la surface! On nous demandait 8$ pour stationner pour la nuit (le même montant que pour se baigner) alors après profité de l’eau salée, nous sommes allés nous installer un peu plus loin dans le désert. Mardi matin (2 septembre), nous sommes allés à Toconoa, un petit village où les maisons sont faites de pierres tirées des volcans avoisinants, et nous avons visité le salar d’Atacam. Nous avons surtout apprécié la Réserve Nationale de Flamants Roses, avec trois espèces de flamants. Nous en avons vu à peu près une trentaine, vraiment, c’était très spécial. Nous avons fait toutes les pistes du salar, admiré les volcans et les lagunes de sel, et même visionné un film sur le salar. Nous sommes retournés à San Pedro de Atacama pour faire le plein d’essence (3 fois plus cher qu’en Bolivie), et nous avons acheté un livre de Michael Connelly pour occuper nos soirées. J’ai bien essayé de me connecter au café-bar Adobe (un des seuls endroits où ils ont du Wi-Fi ici), mais cela n’a pas fonctionné. Nous devrions donc entrer en Argentine demain, en passant par Paso Jama, un col de plus de 5,000 mètres. Nous croisons les doigts que tout ira bien! Au plaisir!

26 août 2008

Bloquéos autour de Sucre en Bolivie...

Nous pensions pouvoir quitter Sucre dimanche, le 24 août, mais nous sommes aujourd’hui mardi le 26, et rien ne semble vouloir bouger. Il y a eu des négociations hier en fin de journée, mais il semble que cela n’a rien donné. C’est d’autant plus dramatique puisque les manifestants vendent des vivres aux magasins, et la population de Sucre est moins affectée par ce bloquéo car les gens peuvent continuer à se procurer de la nourriture. Pour l’essence, les stations s’approisionnent grâce aux oléoducs souterrains, alors il n’y a pas de pénurie. Nous lisons, nous nous promenons dans la ville, nous regardons des DVD (des films ou des concerts), bref nous nous la coulons douce! On nous a dit que le bloquéo pourrait durer un mois, alors nous attendons patiemment, nous ne pouvons rien faire d’autre. Mais nous avons hâte de quitter la Bolivie!

23 août 2008

Coincés à Sucre en Bolivie!

Lundi le 11 août, après avoir mis deux heures pour trouver un bidon d’essence en prévision du Salar d’Uyuni, nous sommes partis de La Paz vers Oruro. Lorsque nous sommes arrivés dans la ville, nous nous sommes rendus à la Casa de la Cultura Simon Patino. Ce dernier fut à son époque l’homme le plus riche du monde. Ce Bolivien né à Cochabamba et issu d’une famille pauvre aimait particulièrement les objets d’arts, les meubles et les instruments de musique européens. Il était propriétaire de plusieurs mines, et il a fait sa fortune grâce à l’étain. La maison où il a vécu avant d’émigrer en Europe (les mineurs se sont révoltés) est encore aujourd’hui très bien conservée. Nous avons admiré orgues, Stradivarius (violon), gramophones, meubles de l’époque Louis XV, tableaux et bien sûr, les immenses poêles de fonte et de céramique allemands! Nous avons aussi visité le Sanctuario de Socovan (il y a une mine dans l’église!), le phare (même s’il n’y a aucun océan en vue), et la place centrale. Nous avons choisi un stationnement gardé pour dormir, et nous avons quitté la ville mardi matin. Le 12 août, nous nous sommes rendus au balneario d’eaux thermales de Tarapaya, et nous avons tellement aimé l’endroit que nous avons décidé d’y rester pour la nuit… Mercredi le 13 août, nous sommes entrés à Pototsi, la ville détenant la plus haute altitude au monde, 4,100 mètres! Avec le vent, c’était vraiment froid. Nous avons d’abord visité la Casa de la Moneda (Maison de la Monnaie), le plus beau musée de toute la Bolivie. La visite guidée, en français s’il vous plaît, dure deux heures, et j’imagine qu’on pourrait passer encore plus de temps tellement il y a de choses à voir à cet endroit. On voit bien sûr les instruments pour frapper les pièces de monnaie, les machines où étaient insérés les lingots dé’argent actionnés par des mulets (qui ne survivaient pas plus de six). On voit aussi les fonderies opérées par les criminels (tempéraure ambiante de 450 degrés Fareinheit et vapeurs de mercure et d’arsenic emplissant l’atmosphère, alors les gens ne survivaient pas très lon gtemps) Certaines salles contenaient des objets d’argent ciselés (ostensoirs, calices, lampes, ustensiles de cuisine, candélabres et animaus sculptés); il y avait aussi des salles de minéralogie, d’archéologie (momies, squelettes de baleines, arbre généalogiques basé sur la Bible), une locomotive servant au transport de l’argent, des tableaux racontant l’histoire de la ville et de la montagne qui contient la mine (Cerro Rico), bref, vraiment intéressant. Il y avait plusieurs Français dans notre groupe, et aussi deux personnes de Montréal. Deux Français de Grenoble nous ont donné des tuyaux pour le Salar d’Uyuni, et ils nous ont assuré qu’il était impossible de faire le Sud Lipez sans GPS et sans jeep 4X4. Ils nous ont aussi mentionné que la température, la nuit, descendait à 20 degrés Centigrade sous zéro… Le couple de Montréal avaient fait le salar avec une agence, et ils ont eu plusieurs ennuis avec la voiture (crevaison, problèmes mécaniques, etc.) Ils avaient visités 12 agences avant de faire leur choix. Ils ont aussi rencontré un autre jeep dont le conducteur était ivre, et un des voyageurs a donc conduit pendant la majeure partie du trajet. Apparemment que 20 touristes sont morts l’an passé sur les routes d’Uyuni… Pas vraiment rassurant.. Nous sommes ensuite montés à la Torre de la Compana de Jésus, d’où nous avons admiré la ville. Aprés le dîner, nous avons marché à travers les rues coloniales. Nous voulions visiter la plus vielle église de la ville (catacombes) et grimper en haut des clochers. Nous avons dû attendre jusqu’à 2 heures 45, alors que les dépliants touristiques mentionnaient deux heures (la sieste est toujours honorée ici). La visite a duré une trentaine de minutes, et nous avons surtout apprécié de monter sur les toits. Nous nous sommes ensuite rendus vers 3 heures trente au couvent Santa Teresa, et nous avons vraiment aimé notre visite (beaucoup plus que le couvent Santa Catalina, Arequipa, Pérou). Notre guide était absolument excellente, elle comprenait quelques mots de français (le groupe était composé de Français, de Catalans, d’Allemands et de Mexicains), et elle nous a beaucoup fait rire. De jeunes Français de Stratsbourg ont vraiment mis du piquant à l’après-midi avec leurs commentaires parfois désopilants! Il était dix-sept heures trente lorsque nous avons terminé la visite, et nous nous sommes empressés de quitter Potosi, car nous étions absolument gelés (il n’y a aucun chauffage dans les musées ou les églises, et par une température de moins dix Celsius, ce n’est pas très chaud!) Nous nous sommes rendus, par une route de terre, au village de Manquiri, où se trouve un sanctuaire considéré comme un joyau de la Bolivie (environ trente cinq kilomètres de Potosi). Puis jeudi le 14 au matin, nous avons finalement pu parler au gardien du sanctuaire, qui nous a ouvert les portes. Ce sanctuaire blanc est abandonné, des excréments de pigeon longent le sol, et l’on a empilé les bancs au jubé. L’extérieur est donc plus impressionnant que l’intérieur... Nous nous sommes ensuite dirigés vers Sucre, une ville beaucoup moins haute et donc beaucoup moins froide que Potosi. Il y avait un bloquéo (manifestation bloquant la rue) dans la ville, alors nous avons choisi un stationnement qui n’est pas dans le centre, mais qui coûte seulement 4 bolivianos par nuit. Nous nous sommes rendus à pied dans le centre historique, histoire d’explorer un peu la ville, mais Pierre n’avait pas tellement le goût de visiter. Vendredi le 15 août, après avoir déjeûné, nous sommes partis visiter le musée religieux La Recoleta (première mission franciscaine), le mirador d’où on peu admirer la ville et les montagnes, le parc Bolivar et sa mini-tour Eiffel, la Rotonde, chapelle ronde construite sur les lieux d’une tentative d’assasinat sur les ordres du général survivant, la Cour Suprême, et les églises La Merced et San Felipe de Neri, où nous sommes montés sur les toits. Ces églises sont pleines d’histoire, et elles renferment des catacombes, des cryptes, des passages souterrains reliant les églises et la Préfecture (le siège du gouvernement). Aujourd’hui, des collèges privés ont remplacé les quartiers occupés jadis par les communautés religieuses, mais les jardins, les plazas, les tableaux et les oeuvres d’art de toutes occupent toujours une place importante… En soirée, nous avons assisté à deux spectacles donnés l’un par un chanteur-guitariste bolivien et l’autre par un groupe accompagné d’une chanteuse dotée d’une voix exceptionnelle pouvant couvrir plusieurs octaves. Samedi le 16 août, nous avons pris l’autobus pour visiter la Glorietta, à huit kilomètres de la ville. Nous aurions sans doute marché, mais comme les lieux ferment à midi le samedi, nous avons décidé d’opter pour la solution facile… Cet endroit était occupé par un prince bolivien avec son épouse. Comme ils ne pouvaient avoir d’enfant, ils en ont adopté 49! Le prince aimait beaucoup le style européen, alors il a fait construire des bâtiments rappelant la tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, ainsi qu’un château d’inspiration Byzantine et Maure. Des lacs artificiels agrémentaient le paysage, ainsi que des rotondes disséminées ici et là sur l’immense terrain entourant ses propriétés. Ses écuries comportaient même des planchers de marbre! Après la Glorietta, nous sommes allés voir le Cimetière de Sucre, le plus important de Bolivie. À cet endroit sont enterrés plusieurs héros boliviens (la Guerre de Charcos, la Guerre du Pacifique, la Révolution contre les Espagnols et la Guerre Civile entre Sucre et La Paz ont fait couler beaucoup de sang!). Il y a aussi plusieurs tombes souterraines en ce lieu imposant, et définitivement beaucoup d’histoire… Dimanche le 17 août, nous avons décidé d’en profiter pour visiter la cathédrale et plusieurs églises qui sont ouvertes pour la messe dominicale. Nous ne sommes absolument pas très catholiques ni l’un ni l’autre, mais l’architecture imposante, les tableaux, l’or et les oeuvres d’art qu’on y retrouve sont définitivement intéressants. Et nous avons aussi passé plusieurs heures à la Casa Libertad, où fut signée la Déclaration d’Indépendance. Nous avons particulièrement apprécié connaître l’histoire des gens qui ont fait la Révolution et se sont battus contre les Espagnols. La Bolivie a eu sa part de présidents complètement loufoques: un certain personnage aurait même fait cadeau du Mato Grosso au Brésil pour un cheval blanc! Ce pays qui comportait autrefois plus de 3 millions de kilomètres n’en compte aujourd’hui qu’un million neuf cent mille! Nous avons dîné dans un restaurant chinois mais les plats ici sont sans doute accomodés au goût des locaux, et sont donc très différents de ce qu’on retrouve au Canada. Lundi le 18 nous avons visité le musée Guttérez-Valenzuela, un endroit rempli de pièces baroques italiennes et françaises. Les miroirs biseautés, les sculptures de marbre, les tableaux et les meubles d’époque donnent un cachet assez particulier à chacune des salles. Nous nous sommes aussi approvisionnés au marché d’alimentation, car nous prévoyions quitter le lendemain pour le Salar d’Uyuni. Malheuresement, en soirée, nous avons appris que mardi le 19 août, une autre manifestation bloquerait les routes, et qu’il serait impossible d’entrer ou de sortir de Sucre. Un touriste qui devait faire un trek ce jour-là était particulièrement déçu… Les manifestations ici sont monnaie courante, il y en a à peu près toutes les semaines. Quelquefois, elles durent plus d’une semaine. J’espère que ce bloquéo ne durera que vingt-quatre heures! En attendant, nous nous contenterons de lire nos bouquins. Notre réserve de propane est aujourd’hui épuisée; il n’est pas possible de se réapprovisionner ici en Bolivie, car incompatibilité des bouteilles et des adapteurs nord-américains… Il nous faudra donc attendre d’être entrés au Chili avant de pouvoir faire le plein de propane pour la cuisinière et le frigo. Lorsque nous serons en Argentine, nous essaierons de nous faire usiner un nouvel adapteur pour notre réservoir équatorien, il paraît que les tourneurs-fraiseurs du coin sont assez ingénieux. Et comme nous prévoyons passer quelques mois en Argentine, je pense que cette dépense se justifie… Nous regrettons de n’avoir pas vérifié cette question avant de partir, car il paraît qu’il est possible de se procurer aux États-Unis ou en Europe un adapteur universel pour le propane, mais qu’il est toutefois impossible d’importer ce genre d’appareil par la poste en Amérique du Sud. Mercredi le 20 août nous avons quitté Sucre, mais après 50 kilomètres, nous sommes arrivés à un bloquéo important: un camion avait déversé un chargement de pierres sur la route, et des arbres coupés jonchaient le sol… On nous a dit qu’il y avait trois autres bloquéos, et qu’il faudrait attendre. Nous sommes retournés à Sucre, et nous avons essayé d’obtenir des informations à la station de police. Ils nous ont suggéré de retourner dans l’après-midi, qu’il y aurait peut-être des développements quant aux négociations… Au terminus d’autobus, ils nous ont confirmé que toutes les routes menant à Sucre étaient bloquées: la route vers Tarabuco et Tarija, la route vers Oruro, la route vers Potosi, ainsi que la route vers Cochabamba et Santa Cruz. Il y a bien une terrible route de terre vers Oruro, mais on semble dire qu’elle est bloquée aussi. Il paraît que les manifestants sont assez agressifs, et que d’essayer de passer de nuit ne serait pas une solution. Jeudi matin, les nouvelles ne semblaient pas plus encourageantes, toutes les routes étaient encore bloquées… Quelle histoire, nous sommes pris dans cet engrenage, il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire. En Bolivie, il semble que Sucre et Potosi soient les deux villes où les bloquéons sont les plus fréquents. Nous sommes aujourd’hui samedi le 23 août. Croisons les doigts que ce bloquéo ne durera pas une éternité!

10 août 2008

La Paz, Bolivie!

Nous sommes toujours à La Paz, en cette belle journée du 10 août! Aujourd'hui est jour de référendum, alors tout est fermé ici, la circulation automobile est interdite, tout le pays est endormi... Il est possible de traverser les rues sans se préoccuper des voitures, alors que c'est toujours un peu difficile en temps normal à cause du traffic extrêmement dense... Nous avons acheté hier une vingtaine de DVD, car dans les autres pays que nous visiterons (Argentine, Chili, Uruguay, Brésil) il est seulement possible de louer des films, et pour le même prix qu'il en coûte ici en Bolivie pour les acheter! Nous avons aussi trouvé des concerts de Pink Floyd, de Chicago, de Santana, etc... Pierre est absolument ravi, cela faisait longtemps qu'il voulait se procurer ces DVD. Comme les commerces, les magasins, les restaurants, les bureaux touristiques et les attractions en tous genres sont fermés aujourd'hui, nous en avons profité pour faire le grand ménage. Nous avons lavé la literie, les rideaux de la Westfalia, les tapis, bref, nous avons passé une bonne partie de la journé à faire du nettoyage. Pierre a changé la courroie du "Power Steering" et vérifié les fusibles pour le chauffage avant. Il nous reste encore à trouver de l'antigel rouge pour les moteurs aluminium, des allumettes et un bidon pour l'essence, alors lorsque les commerces seront à nouveau ouverts demain matin, nous en profiterons! Au plaisir!

09 août 2008

Du Chili à la Bolivie

La ville d'Antogasta n'est à peu près pas décrite dans les guides, nous pensions donc qu'il n'y aurait pas grand-chose à visiter... Nous avons été supris, car c'est une ville très propre, idéale pour se ravitailler pour les provisions, avec de grands centres d'achats, plusieurs musées (cette ville appartenait à la Bolivie avant la Guerre du Pacifique), et la mer est absolument fantastique. Nous nous sommes même baignés, malgré la fraîcheur de l'eau, qui était très propre et très claire. Nous avons surtout apprécié La Portada, une formation rocheuse en forme d’arche située dans la mer au large de la plage. Les falaises, les grottes, les oiseaux, et le rocher lui-même (un peu plus petit que le Rocher Percé en Gaspésie) font de cet endroit un lieu vraiment spécial. Nous y avons rencontré un groupe d’Allemands avec deux véhicules blindés qui ont voyagé en Amérique du Sud pendant 20 mois (ils retournent en Allemagne dans 4 mois). Ils trouvent que l’essence est très chère ici (si on compare avec l’Ecuador et la Bolivie, c’est trois à quatre fois plus cher). Il faut dire que ces véhicules militaires consomment 20 litres aux 100 kilomètres! Nous avons donc campé à côté d’eux, en haut d’une falaise avec vue imprenable sur la mer. Mercredi matin, le 6 août, nous sommes partis d’Antofagasta, nous avons fait le plein d’essence, puis nous avons roulé toute la journée dans le désert, et nous avons aussi aperçu quelques salars… Aucune végétation, seulement du sable et des pierres, et une belle route d’asphalte rectiligne! Nous nous sommes rendus juste après Huara, aux géoglyphes Gigante d’Atacama, des dessins qui ressemblent un peu aux lignes de Nasca au Pérou. Nous avons admiré le coucher du soleil sur les montagnes et ce matin, jeudi le 7 août, nous reprenons la route… Nous voulons retourner à La Paz en Bolivie afin de récupérer notre colis, en passant par une route différente afin d’admirer les Parcs Nationaux du Nord. La route que nous avons prise pour nous rendre à Antofagasta longeait la mer, alors que celle que nous empruntons maintenant passe par l’Altiplano (montagnes). Il n’y a pas de station-service entre Pozo Almonte (trente kilomètrres avant Huara) et Colchane (frontière de la Bolivie). Nous avons bien un bidon de deux gallons que nous avons fait remplir à Pozo Almonte, mais nous venons de nous rendre compte qu’il coule, alors ce matin nous avons dû nettoyer le porte-bagages! Nous avons roulé toute la journée pour nous rendre jusqu'aux sources thermales du salar de Surire. Nous étions accompagnés de flamants roses qui semblaient ne pas se préoccuper du tout des baigneurs juste à côté d'eux! Nous étions seuls dans toute cette immensité blanche, puisque le sel recouvre tout. Les montagnes entourant le salar sont aussi très pittoresques, et nous avons vu des vizcuchas (moitié lièvre, moitié écureuil), des vizcanas (même famille que les lamas je crois, mais avec une fourrure moins fournie de couleur fauve, cela ressemble un peu aux daims), et même deux condors dans le ciel. Malgré les routes de terre, nous nous disions que de nous rendre jusqu'ici en avait vraiment valu le coup. Pourtant, vendredi matin (8 août), quelle surprise au réveil de constater que la neige recouvrait tout, et que la tempête semblait continuer... Bien sûr, il avait fait froid durant la soirée, mais nous ne nous attendions certainement pas à la neige... Tout était blanc, on ne voyait absolument pas où était la route, alors nous avancions très lentement. Après avoir traversé le Parc Surire, la route de terre continuit vers la Bolivie (Tambo Quemado), pour encore 250 kilomètres environ. Nous sommes arrivés à un col dans les montagnes où une douzaines d'énormes camions étaient bloqués, à cause de la glace. Personne ne pouvait reculer, et un camionneur nous a demandé de rebrousser chemin pour aller chercher de l'aide à l'entrée du parc, à environ une vingtaine de kilomètres de là. Nous étions un peu réticents, puisque nous avions juste assez d'essence pour nous rendre en Bolivie (aucune station entre Pozo Almonte et la Bolivie) , mais le camionneur nous a assuré que les services de voirie pourraient nous fournir du gaz... Alors que nous étions presque à l'entrée du parc, nous avons rencontré un bulldozer et le camionneur que nous transportions avec nous nous a demandé de le débaqrquer parce qu'il connaissait le conducteur... Nous nous sommes rendus à l'administration du parc et pas de chance, les pompes étaient hors service, et ils n'avaient aucun bidon d'essence... Nous avons décidé d'attendre, que pouvions-nous faire d'autre? Finalement, l'électricité est revenue (ce n'est pas tous les jours qu'ils ont des tempêtes de neige au Nord du Chili), et nous avons acheté 15 litres d'essence (à 2$ le litre) pour pouvoir poursuivre notre route, en laissant un cigare au garde, parce que les particuliers ne sont pas autorisés à s'approvisionner en essence à cet endroit, même s'ils paient! Nous avons dépassé tous les camionneurs, qui avaient de la difficulté à avancer parce qu'ils ne sont pas habitués à la neige et que leurs pneus ne sont pas conçus pour cela j'imagine. Certains faisaient des bonhommes de neige sur le bord de la route, et tout le monde semblait ravi, même s'ils étaient bloqués à cause de la température. C'est vrai que les paysages tout blancs avec les montagnes couvertes de neige et le ciel d'un bleu intense étaient d'une incroyable beauté... Nous avons emprunté un tout petit chemin de terre et franchi six ruisseaux avant de nous rendre en Bolivie, car sur la carte routière que nous avions, ce chemin semblait plus court, mais nous n'avons rencontré aucune âme qui vive en chemin. Lorsque nous sommes arrivés en Bolivie (après toutes les difficultés pour traverser les douanes) et que nous avons fait le plein d'essence, il nous restait 8 litres dans le réservoir. Nous voulions nous rendre au bureau de poste de La Paz avant la fermeture à 20 heures, alors nous avons sauté les repas et roulé le plus vite possible. Pierre m'a déposé au bureau de poste afin de trouver un endroit pour stationner (au centre-ville de La Paz, c'est difficile), et lorsque j'ai demandé à la préposée et qu'elle m'a dit qu'ils n'avaient toujours rien, j'ai éclaté en pleurs! C'était tout à fait impossible qu'un colis express dont les frais d'expédition se montaient à 50 dollars ne soit pas encore arrivé, alors qu'il avait été posté depuis un mois... Finalement, la dame a accepté d'aller vérifier dans les colis avec des problèmes d'adresse et miracle, le colis était arrivé depuis le 17 juillet, alors qu'il avait été p0sté le 11, soit 6 jours... Cela veut dire que les trois fois où nous sommes allés vérifier, le colis était là! J'ai fait des fettucini aux moules pour le souper, après que nous nous soyions installés dans un stationnement payant, le Parquéo La Paz sur la rue 20 Octobre. Ce matin, nous retournerons voir Volkswagen Auto Motors (ils sont fermés le samedi, mais parfois, les mécaniciens travaillent quand même). La chaufferette avant nous a lâché, et nous en avons besoin pour dégivrer les fenêtres, surtout si nous faisons le salar d'Uyuni. Et nous utilisons souvent le chaufffage avant lorsque nous montons dans les montagnes pour refroidir un peu le moteur. Je sais, c'est difficile à croire, mais cela empêche la température du moteur de monter, c'est un truc que nous avons appris lorsque nous avons monté le Mont Washington. Nous voulons aussi acheter d'autres livres, d'autres DVD, de l'eau, etc... En principe, nous quitterons La Paz pour Potosi (mine d'argent des siècles derniers) dès que nous aurons terminé nos courses, mais comme nous sommes en fin de semaine et que demain est un jour politique important ici, nous verrons! Un beau bonjour à nos amis et à notre famille que nous manquons beaucoup!

05 août 2008

Chili (Antofagasta)

Dimanche le 3 août, nous sommes partis d’Iquique après avoir tenté en vain de rejoindre le fils de Pierre pour son anniversaire. Nous avons dû attendre jusqu’à onze heures que le centre d’achats ouvre, et une fois ouvert, on nous a expliqué que les lignes étaient hors service. Nous avons finalement trouvé un locutorio mais nous avons rejoint le répondeur et laissé un message… Puis nous sommes partis en direction d’Antofagasta, en longeant la mer pendant toute la route. Aucune végétation, seulement le désert, du sable et des rochers, un ciell d’un bleu intense, et bien sûr des vagues très fortes… Nous avons campé à Rio Loa, près d’une rivière, car nous voulions laver le tapis recouvrant le plancher du véhicule. Nous nous sommes donc installés entre la rivière et la mer, et nous avons passé une petite soirée tranquille. Lundi le 4 août, nous avons continué jusqu’à Antofagasta, et comme nous sommes arrivés tard en après-midi, nous avons trouvé un endroit pour camper au bord de la mer en nous promettant de visiter la ville le lendemain. Antofagasta est une belle grosse ville au bord de la mer, avec un immense promenade tout le long de la mer... Nous pensons retourner sur nos pas pour nous rendre à La Paz, en empruntant une route différente (route de terre entre les Parcs Nationaux, où nous devrions voir des geysers, de glaciers, et des sources d'eaux thermales. Au plaisir!

02 août 2008

Nord du Chili

Jeudi le 31 juillet, nous sommes passés à la banque nous procurer des pesos chiliens (un peu moins de 500 pesos pour un dollar américain), et nous avons ensuite visité Arica. Cette ville longe la mer, et elle ressemble à une ville américaine, avec de belles routes, de beaux immeubles, et bien sûr, des restaurants de style fast food et plusieurs magasins… Le Chili est définitivement très différent de la Bolivie, beaucoup plus propre, beaucoup plus américanisé, beaucoup plus moderne, mais moins typique et authentique je dirais … Nous nous sommes rendus à El Morro (le site de la bataille de 1880 entre le Chili et le Pérou), d’où nous avons admiré la ville en bordure de l’océan… Nous avons essayé de nous rendre au Club Automovil de Chile pour acheter une carte, mais ils étaient fermés puisqu’il était l’heure de la sieste. Nous avons visité l’église San Marcos, dessinée par Eiffel (celui-là même qui a fait construire la tour Eiffel), et la Plaza Colon ainsi que la Plaza Boquadero. Nous avons finalement continué vers Playa Corazones, où nous avons établi nos quartier pour la soirée. Vendredi matin, nous avons visité les caves de la Playa Corazones, où nous avons pu observer plusieurs colonies d’oiseaux le long des falaises, des vagues immenses brisant les rochers, et plusieurs grottes et tunnels. Nous étions seuls, alors j’imagine que l’endroit n’est pas très connu… Nous sommes retournés chez Automovil Club pour nous procurer leur carte du Chili (8$), nous avons fait un plein d’essence, puis nous nous sommes dirigés vers Iquique. Tout le long de cette superbe route d’environ 350 kilomètres, nous avons admiré un immense désert, des canyons incroyablement profonds et de vertes vallées contrastant avec les dunes de sable où ne pousse aucune végétation… Lorsque nous sommes arrivés à Iquique, nous nous sommes dirigés au bureau d’information, et comme nous étions un peu fatigués, nous avons décidé de nous rendre directement à la Playa Blanca où nous avons campé, et de visiter la ville d’Iquique le lendemain matin. Le lendemain matin, samedi le 2 août, nous avons emprunté la promenade qui longe la mer. La vue est absolument magnifique, les vagues déferlent avec force, et les surfeurs semblent s'en donner à coeur joie! Il ne faut pas oublier non plus les jardins de cactus tout le long de la promenada, les fontaines et les carpes dans les bassins. Nous avons même aperçu des alligators! Nous avons fait notre marché dans un grand magasin d'alimentation, vraiment, on se croirait dans une ville du Canada ou des U.S.A... Nous avons aussi fait installer un radio-Cd d'autos que nous avons acheté dans la zone franche du port (duty free shops), et nous sommes retournés à Playa Blanca non loin d'ici pour camper. Un peu après minuit, des jeunes se sont installés juste à côté de nous et ils ont bu toute la nuit, au son d'une musique assourdissante! La nuit a donc été très mouvementée, mais c'est la première fois depuis que nous sommes en voyage. Nous aurions peut-être pu changer d'endroit, mais nous n'aimons pas tellement conduire en pleine nuit, et puis ce n'était pas si dramatique après tout! Ce matin, nous attendons pour téléphoner au fils de Pierre, Benoît, pour son anniversaire. Les locutorions (endroits où l'on peut téléphoner à l'étranger) n'ouvrent pas avant dix heures, puisque nous sommes aujourd'hui dimanche (3 août). Au plaisir!

31 juillet 2008

Parc Sajama (Bolivie)

Dimanche le 27 juillet, nous avons quitté l’hôtel Oberland, dans la zone Sud de La Paz, et nous nous sommes dirigés vers le Parc Sajama juste avant le nord du Chili. Il y avait une fiesta à La Paz, alors plusieurs des rues du centre-ville étaient fermées à la circulation. Nous avons mis plus d’une heure à traverser la ville. Il nous a fallu trois autres heures pour nous rendre à Curahuara de Carangas, où nous nous sommes arrêtés pour visiter l’église, la plus impressionnante de Colombie. Elle ressemble un peu à la Chapelle Sixtine, tous les murs et les plafonds sont couverts de fresques. L’église n’a jamais été restaurée, tout est original et très bien conservé. On y retrouve même des illustrations du mariage du duc de Berry et du roi Louis XIV dans la sacristie, puisque certains des premiers prêtres étaient Français. Le prêtre nous a servi de guide, et nous avons particulièrement apprécié notre visite. En fin de journée, nous sommes arrivés à Sajama, et nous avons campé à côté du centre administratif du parc. Nous avons acheté nos billets lundi le 28, et nous sommes partis explorer les champs de geysers à pied, une marche de 20 kilomètres aller-retour. Il y a plus de 80 geysers de toutes les couleurs (verts, oranges, rouge, bleus), et pour la température, cela va de l’eau bouillante et bouillonnante à l’eau tiède… Et naturellement, les 3 volcans avec des sommets enneigés apportent une magnifique dimension au paysage… Nous n’avons vu personne sur les sentiers, par contre nous avons observé vu plusieurs espèces d’oiseaux, sans compter les lamas et les vigognes, trop nombreux pour les mentionner... Comme nous voulions nous baigner, lorsque nous sommes revenus, nous nous sommes dirigés (cette fois avec le véhicule qui a enfin daigné démarrer, car nous étions en fin d’après-midi, alors il faisait un peu plus chaud) vers les sources thermales à 4 kilomètres de là. Quelle surprise, nous avons revu Eric et Patricia, et nous avons bu une bouteille de bon vin chilien avec eux en soirée! Nous avons apprécié nous baigner dans les bains indigènes, et mardi le 28, nous avons vu des Allemands entreprendre l’ascension du Mont Sajama, accompagnés de porteurs, de guides et de mules pour transporter le matériel. Nous retournerons probablement aujourd’hui aux sources thermales afin de faire notre lessive à l’eau chaude, le grand luxe quoi! Il a fait moins 10 Celsius cette nuit, alors les nuits dans les Andes Boliviennes ne sont pas très chaudes! Mercredi matin, après nous être baignés pendant plus d’une heure dans la piscine naturelle d’eau thermale, nous avons fait nos adieux à Patricia et Éric, et nous nous sommes dirigés vers Tampo Quemado pour quitter la Bolivie et juste après le dîner, nous entrions au Chili, à Chungara. Avec le volcan en toile de fond et la lagune, située à 4,500 mètres, cette douane remporte sûrement la palme pour la beauté du paysage… Malgré la longue file, nous avons passé plutôt rapidement, et nous avons continué jusqu’à Putre, car Pierre voulait y visiter l’église coloniale. Nous avons eu un peu de difficultés pour trouver la personne qui avait les clés, mais finalement, une dame est venue nous ouvrir. Après la visite de cette église très ancienne, nous sommes repartis vers Arica, une énorme ville très moderne le long de la mer. Nous avons finalement trouvé un endroit où camper pour la nuit à la marina, et demain nous devrions visiter Arica ! Au plaisir!

26 juillet 2008

La Paz : Garage & Bureau de Poste

Nous sommes revenus à La Paz mardi matin le 22 juillet, et nous nous sommes dirigés directement au Hypermarché, question d’acheter de l’eau. Nous nous sommes ensuite stationnés au cochera La Paz, sur la rue 20 Octobre, et nous avons marché jusqu’au bureau de poste de la rue Mariscal Sucre, non loin de Plaza del Estudiante, mais il n’y avait aucun paquet pour nous. Nous y sommes retournés tous les jours jusqu’à samedi le 26, sans succès, mais j’imagine que les colis express peuvent mettre jusqu’à un mois avant d’arriver, question de douanes sans doute! Mercredi, nous avons marché dans la ville, parcouru le marché des sorcières (foetus séchés de lama et de toutes sortes d’animaux, assez spécial!), et nous avons dîné d’un almuerzo bolivien (entrée au thon, soupe aux asperges, boeuf pour moi et poulet pour Pierre, pouding au riz et café). Nous avons aussi pu acheter des DVD, car nous avions visionné tous ceux que nous avions achetés auparavant. Jeudi, nous sommes allés en collectivo à Vallée de la Luna, une formation géologique qui doit son aspect lunaire à l’érosion millénaire causée par le vent et la pluie. Assez spectaculaire! L’hôtel Oberland se situe non loin de là, un rendez-vous pour plusieurs camping-caristes et routards… Et vendredi matin, nous avons réalisé que notre provision de propane était épuisée. Nous avions bien essayé de nous faire remplir ici à La Paz, mais ici en Bolivie c’est presque impossible de se faire remplir. Les gens changent leur bonbonne vide pour une pleine lorsqu’ils n’ont plus de gaz chez les fournisseurs de propane, et il y a aussi des camions chargés de bouteilles de propane qui se promènent le long des rues pour faire les échanges… Nous avons aussi essayé de faire changer la valvule de la bouteille d’Écuador afin de la rendre compatible, mais personne ne semblait pouvoir le faire, ou nous garantir que l’usine pourrait nous remplir une fois la valvule changée… Nous étions résignés à ne pas pouvoir nous servir du frigo et de la cuisinière jusqu’en Argentine, mais nous étions un peu déçus, puisque les salars sont très froids et que le fait de faire chauffer un café sur la cuisinière augmente aussi la température dans le véhicule. Nous avions rendez-vous vendredi matin chez Volks Auto Motor avec Ernesto Hug, un mécanicien qui nous avait été recommandé par Boris et Karla, les Suisses que nous avions rencontré à Conception, lors de notre visite des missions jésuites. Lorsque nous sommes arrivés chez lui, nous lui avons exposé notre problème de propane, et comme nous avions acheté une connection auparavant en Ecuador pour transvider d’une bouteille à l’autre, il a pu nous accomoder en transvidant 8 kilos de gaz propane dans notre bonbonne équatorienne! Les mécaniciens ont fait du bon travail, mais comme ils n’avaient pas fini vendredi soir à 20 heures, nous avons campé pour la nuit au garage, et samedi matin, ils ont poursuivi le travail, même s’ils sont habituellement fermés pour la fin de semaine. Ils ont changé le filtre à essence, vérifié les bearings de roues, changé les plastiques usés qui protègent les bearings (roulements à billes) changé les freins (décidément, pour la quatrième fois!), réparé le O-Ring d’où s’échappait l’huile à transmission, changé les amortisseurs que nous avions fait changer à Ibarra (ce n’étaient pas les bons, et un des amortisseurs était complètement fini, ce qui causait un bruit d’enfer lorsque nous roulions sur les rues en pierres), et inspecté le véhicule sous toutes ses coutures! La facture sera sans doute salée: le véhicule a vingt ans et les routes que nous avons faites (montagnes, rivières, pistes de boue etc.) auraient été difficiles même pour un véhicule neuf! Le fait d’avoir trouvé un mécanicien suisse-allemand consciencieux et connaissant ces véhicules (qui sont extrêmement rares en Bolivie, en Colombie, au Vénézuéla et au Pérou) nous a vraiment soulagés. Il y a deux semaines, nous avions aussi visité un autre garage Volkswagen, mais ils n’avaient absolument rien fait d’autre que d’examiner le véhicule pendant deux heures, nous disant que les pièces pour notre voiture étaient impossibles à trouver en Bolivie, et nous facturant 70$ pour ces deux heures de travail et pour un gallon d’antigel… L’adresse du garage Volks Auto Motor (pour les camping-cars Volkswagen, Land Rover, Mitsubishi, Nissan et Toyato) est le 2326 Calle Jaimes Freyre, La Paz, Bolivia, et le téléphone est le 2-41-52-64. Notre visa pour la Bolivie arrive à expiration le 31 juillet, et comme il nous reste seulement cinq jours, soit nous essaierons de le faire renouveller pour un autre trente jours afin de pouvoir récupérer notre paquet et explorer les villes et les régions que nous n’avons pas encore eu le temps de visiter: Tupiza, Sucre et Potosi, le salar d’Uyini, et le parc national Sajama, soit nous nous dirigerons vers le Nord du Chili et reviendrons en Bolivie à partir d’Arica dans une quinzaine de jours. Les réparations mécaniques nous ont coûté un peu plus de 450 dollars U.S. Ils ont terminé vers midi trente. Nous avons dîné au bord de la rivière, et nous nous sommes dirigés vers la Valle de la Luna, à l’hôtel Oberland, où il nous en coûte 10$ par nuit pour utiliser le stationnement. Nous avons aussi échangé deux livres. J'aime beaucoup Ken Follet, alors quelle joie de découvrir un autre livre de cet auteur! Nous devrions rester ici pour la fin de semaine, et vérifier lundi si notre colis est arrivé, avant de partir pour le Chili, San Pedro de Atacama en fait…Au plaisir!

23 juillet 2008

Amazonie bolivienne et missions jésuites

Nous avons quitté La Paz vendredi matin le 11 juillet, et nous nous sommes dirigés vers Coroico. L’autoroute pour s’y rendre est superbe, les paysages sont grandioses, mais on descend de plus de mille mètres très rapidement, alors les freins en prennent un coup! Avant, tout le monde devait passer par la route de la Mort, une seule voie à flanc de montagne, des précipices incroyables, et de nombreux accidents mortels chaque mois! Maintenant, depuis qu’ils ont construit une nouvelle autoroute (cela leur a pris 10 ans une fois les travaux commencés) la Route de la Mort est une route strictement réservée pour les cyclistes, qui la descendent pour 200$ (certainement, une bonne dose d’adrénaline!). Les glaciers qui longent la route sont impressionnants, et il y a très peu de végétation, puisque nous sommes à plus de 4,000 mètres au col le plus haut. Nous sommes montés par une route pierreuse jusqu’à Corioco, une petite ville ordinaire qui célébrait un festival et où nous avons rencontré deux dames Belges. Après avoir visité la ville de Corioco (une heure de route pierreuse très abrupte pour s’y rendre), nous nous sommes arrêtés à l’hôtel Kory, où nous nous sommes baignés dans une magnifique piscine entourée de fleurs et de bananiers. Nous avons aussi lavé les couvertures d’hiver (il faisait très froid à la Paz, environ 10 degrés Celsius sous zéro la nuit) et nous avons sorti nos draps de coton, car il fait environ 30 degrés ici en Amazonie. Le lendemain matin, samedi le 12 juillet, nous avons pris la route menant à Carnavari (route de terre très poussiéreuse), où nous avons admiré des chutes superbes. Il faut conduire à gauche ici, car j’imagine que le conducteur peut ainsi mieux évaluer la proximité des précipices! Route très étroite par endroits, conduite sportive, stress garanti! Les camionneurs roulent très vite, et l’on traverse des nuages de poussière continuellement. Nous avons roulé toute la journée sur cette route de terre, et nous nous sommes arrêtés pour la nuit sur les rives de la rivière Beni. Nous avons traversé à gué la rivière à un endroit où il y avait moins d’eau mais beaucoup de pierres… Le lendemain matin, impossible de passer, puisque que les camions de voirie et les grues avaient complètement bloqué la route avec des pierres pendant la soirée… Nous étions donc résignés à pelleter pour dégager une voie d’entrée lorsque les camions sont revenus et qu’ils ont dégagé un passage pour que l’on puisse retourner à la voie principale. J’étais reconnaissante qu’ils travaillent le dimanche! Nous avons continué à rouler sur cette route très poussiéreuse et après avoir traversé une rivière sur une barge poussée par un canot, nous nous sommes arrêtés pour la nuit. Lundi le 14 juillet, nous avons ainsi traversé deux autres rivières (nous avons failli ne pas pouvoir monter la côte très escarpée et boueuse juste après avoir franchi la deuxième rivière) et nous sommes finalement arrivés à Trinidad. C’est difficile à comprendre pour les tarifs, pour les locaux c’est gratuit, mais pour nous, cela dépend, de 10 à 50 bolivianos selon l’humeur du passeur… Il nous a fallu trois jours pour franchir 600 kilomètres de route de terre par saison sèche, j’ose à peine imaginer ce que cela peut être à la saison des pluies! Nous avons aperçu une quantité incroyable d’oiseaux de toutes les couleurs, des hérons, des toucans, et trois énormes grues blanches avec la tête noire et un large bande rouge autour du cou. Nous avions aussi vu deux condors un peu avant Corioco… Dès que nous sommes arrivés à Trinidad, nous avons fait laver l’auto et nous avons acheté des pinceaux afin de pouvoir laver le moteur. Comme nous n’avons pas l’air climatisé, Pierre aime rouler avec les fenêtres ouvertes, sauf qu’avec la poussière, l’intérieur de l’auto est affreusement sale… Je pense qu’il aurait fallu boucher toutes les entrées d’air et toutes les ouvertures, mais Pierre aurait suffoqué! Nous avons passé la journée à faire les courses pour le véhicule: nettoyage du moteur, rotation des pneus, changement d’huile, plein d’essence (les camions arrivent vers 10 heures du matin, et les queues sont interminables, sans doute à cause des pénuries), et nous avons ensuite lavé tout l’intérieur de l’auto, en enlevant même les sièges! J’ai ciré le véhicule et lavé le panneau solaire pendant que Pierre lavait à la brosse la Fantastic Fan et nettoyait le filtre à air! Bref, une journée bien remplie… De Trinidad à Santa Cruz (la route des Missions Jésuites), nous aurons quelques jours d’accalmie, puisque la route est asphaltée. Je n’en reviens pas comment la température ici est différente selon les régions. À La Paz, l’auto avait de la difficulté à partir le matin à cause du froid et de l’altitude (la nuit, la température descend sous le point de congélation), tandis qu’ici, il fait incroyablement chaud et humide! La Bolivie est certainement très différente des autres pays que nous avons visité jusqu’ici. Les gens sont sympathiques, les régions sont plus sauvages, peut-êtres un peu plus pauvres… Nous sommes partis de Trinidad mardi le 15 juillet, et nous avons enfin roulé sur une route asphaltée (beaucoup de trous, mais c’est mille fois mieux que les pistes de terre que nous avons dû franchir jusqu’ici!) Nous nous sommes rendus jusqu’à San Ramon, puis nous avons bifurqué pour nous rendre jusqu’à San Javier, la mission jésuite la plus ancienne de Bolivie. Comme les factions espagnoles n’avaient pu réussir à mâter les tribus indigènes en 100 ans, ils chargèrent les Jésuites d’y parvenir, ce qu’ils firent en leur offrant des instruments et des leçons de musique en échange de leur travail. Ingénieux non! Ces jésuites ont réussi à transformer des tribus guerrières en communautés d’agriculteurs paisibles en introduisant du bétail et en leur apprenant les techniques agricoles. Nous avons été agréablement surpris par les énormes marionnettes de bois et par le travail d’ébénisterie accompli par les indigènes… Puis mercredi matin, nous nous sommes dirigés vers Conception, où se trouve un merveille baroque de cathédrale, toujours érigés grâce aux missions jésuites. Mercredi le 16 juillet, nous nous sommes dirigés vers Conception, une mission jésuite restaurée avec une cathédrale exceptionnellement restaurée. Nous avons rencontré deux jeunes Suisses à cet endroit, au volant d’une Mitsubishi 4X4. Ils se dirigeaient vers le Brésil… Nous avons vraiment aimé cette mission jésuite, et l’architecture de l’église nous a vraiment surpris. Nous sommes retournés sur nos pas vers Santa Cruz, et nous avons campé juste avant l’entrée de la ville, à côté d’un jardin fleuri. Le lendemain matin, jeudi le 17 juillet, nous avons visité Santa Cruz, nous avons récupéré nos courriels, et nous sommes partis vers Cochabamba. Nous nous sommes arrêtés à Buena Vista pour dormir, une belle petite ville tranquille et propre. Vendredi le 18 juillet, nous sommes repartis, et nous avons pris un jeune auto-stoppeur bolivien qui s’est arrêté à Turani, où nous avons dîné. Dans l’après-midi, nous avons aperçu un lac entouré de pins, avec un immense barrage, et nous avons décidé de nous installer pour la soirée. Un endroit magnifique, tranquille, que nous avons vraiment apprécié… Nous sommes arrivés à Cochabamba samedi le 19 juillet, et nous avons monté dans le téléférique pour voir la statue du Christ la plus énorme du monde, plus de 2,000 tonnes… Nous avons ainsi pu admirer la ville de haut. J’en ai profité pour acheter une paire de lunettes fumées et nous avons aussi marché au carré central et visité la cathédrale. Nous nous sommes rendus au Nord de la ville afin de visiter le Palacio de Portales construit par l’homme qui a fait sa fortune grâce aux mines d’étains (l’homme le plus riche du monde à son époque, semble-t-il) mais ils fermaient à midi. Nous avons donc décidé de retourner vers Santa Cruz en prenant la vieille route afin de profiter de paysages différents, mais en route, un bearing de roue a lâché et comme nous étions à des lieux d’un garage (il n’y a que quelques maisons dans chaque village, et comme nous sommes très haut et qu’il fait très froid ici, il y a très peu d’habitants) et qu’il commençait à faire nuit, nous nous sommes simplement arrêtés en nous disant que nous essaierons de régler le problème mécanique le lendemain matin, alors qu’il y aurait moins de vent (glacial, je vous jure!). Peu de temps après, Éric et sa famille (les Sergent de France avec un camping-car Laika) se sont arrêtés à côté de nous, et nous avons pris un verre de vin ensemble en nous racontant nos dernières aventures. Dimanche matin le 20 juillet, nous nous sommes mis à l’oeuvre pour changer le bearing de roue, qui était soudé en place sans doute à cause de la chaleur qu’il y avait à Trinidad… Finalement, Pierre et Éric ont scié le morceau, et au bout de deux heures, il a fini par lâcher.  Nous n’avions pas pensé à emporter avec nous des graisses de qualité pour ce genre de travail, et nous avons donc utilisé ce qui était disponible, mais il nous faudra réviser quand on sera à La Paz… Merci à Éric, qui nous a donné un sacré coup de main! Et une chance que nous avions pensé à nous approvisionner de pièces supplémentaires chez Vaps au Québec avant de partir! Comme la route vers Santa Cruz était environ 400 kilomètres exécrables, nous avons décidé de rebrousser chemin et de revenir à Cochabamba en suivant Éric. Nous nous sommes arrêtés pour la nuit à l’ancien stationnement de Toyota, tenu par une dame très gentille (17 bolivars par nuit), et après avoir marché un peu dans la ville, nous avons passé une soirée tranquille. Le lendemain matin (lundi le 21 juillet), nous avions décidé de repartir vers Potosi, alors qu’Éric se dirigeait vers La Paz. Mais le long de la route, comme nous n’en finissions plus de monter (les montagnes ici sont spectaculaires), nous avons finalement opté pour La Paz, puisque nous devons nous réapprovisionner et que nous attendons un colis à cet endroit… Nous avons campé non loin de la station-service de Calamarca, à environ 70 kilomètres de La Paz.   Le thermomètre est descendu jusqu’à moins quinze Celsius durant la nuit! Mardi le 22, nous avons eu un peu de mal à faire repartir le véhicule… L’altitude et le froid n’aident certainement pas... Lorsque nous sommes arrivés à La Paz, nous avons été vérifier à la poste et notre colis n'était pas encore arrivé. Espérons qu'il ne sera pas retenu trop longtemps aux douanes! Ce matin, mercredi le 23 juillet, Pierre est parti chez un mécanicien Volkswagen, et j'en suis à mettre mon site à jour dans un café de La Paz... La pleine lune du 1er août en Lion devrait être superbe! Au plaisir!

10 juillet 2008

Lac Titicaca, Sorata et La Paz (Bolivie)

Mercredi le 2 juillet, nous sommes entrés en Bolivie en passant par Yunguyo et nous nous sommes ensuites dirigés vers Copacabana. Le passage des douanes a été réalisé en quelques minutes. Les douaniers nous ont demandé une contribution de 20 bolivianos, mais nous leur avons mentionné que l’ambassade nous avait assuré que nous ne devions rien payer, et ils nous ont laissé passer. Arrivés à Copacabana, Pierre a eu un peu de mal à retirer de l’argent parce qu’il n’y avait aucune banque ou guichet automatique et les retraits sur Visa ou Mastercard n’étaient pas possibles non plus. Heureusement, nous avions des dollars américains en réserve que nous avons pu échanger! Nous nous sommes promenés un peu dans le village et avons visité la fameuse église de la Virgen de Copacabana. Le lac Titicaca ici est vraiment très beau (nous préférons le côté Bolivien au côté Péruvien) et le bleu très profond et l’immensité de la nappe d’eau, sans parler du fait qu’il s’agit d’un des lacs les plus hauts du monde, le rendent tout à fait spécial. Nous avons bien le Lac St-Jean au Québec, qui est très beau aussi, mais sans doute en raison de l’altitude, la couleur de l’eau ici est indigo, et je n’avais jamais vu de lac de cette couleur auparavant. Nous avons mangé de la truite du Lac Titicaca pour souper dans un petit restaurant avec terrasse donnant sur le lac en admirant le coucher de soleil et les bateaux amarrés au port… Puis nous avons trouvé un cochera, un endroit gardé pour le véhicule pour la nuit. Comme nous sommes assez près du Pérou, nous ne voulons pas prendre de risque… Nous aurions pu camper sur les bord du lac Titicaca, mais Pierre se sentait un peu inconfortable. Le lendemain matin (jeudi le 3 juillet), vers huit heures trente, nous nous sommes embarqués pour une magnifique croisière de 2 heures pour nous rendre jusqu’à l’Isla del Sol. Nous avons accosté à la partie Nord, où nous avons visité les premières ruines Inca du pays, et nous nous avons décidé de traverser l’île à pied (environ 3 heures). Nous aurions pu retourner en bateau jusqu’à la partie Sud au village de Yumani, mais les paysages ici sont tellement beaux (cela ressemble beaucoup à la Grèce ou à la Méditerranée) que nous avons voulu en profiter et marcher un peu. Puis nous sommes retournés en fin d’après-midi au bateau, et nous avons jasé avec des touristes britanniques, français, avec un Basque (entre l’Espagne et la France) et avec des Américains sur le trajet du retour. Le bateau est rentré à 18 heures à Copacabana, et même si nous avions pensé monter au Cerro Calvario pour admirer le coucher du soleil (30 minutes de marche ardue pour arriver au sommet de la montagne), nous avons finalement décidé de retourner directement au véhicule. Jenny et Ian, deux touristes de l’Angleterre, qui se servent surtout de leur bicyclette pour voyager ici, nous ont offert gracieusement leur guide Rough Guide sur la Bolivie, parce qu’ils se dirigaient vers le Pérou le lendemain et qu’ils n’en avaient plus besoin. Nous avions déjà acheté Le Petit Futé sur la Bolivie, et nous avons bien sûr notre Lonely Planet et notre Footprint pour l’Amérique du Sud, mais c’est toujours intéressant d’avoir plusieurs guides… Notre humble opinion que Lonely Planet est superbe pour les cartes (mais il s’adresse plus aux backpackers ou aux voyageurs par avion), que le Footprint est plus adapté aux voyages par la route (camping-car), que le Rough Guide est plus à jour pour l’information générale, et que le Petit Futé en français est génial pour nous donner de très bonnes descriptions des lieux… Vendredi le 4 juillet, nous avons eu la belle surprise d’apercevoir le camping-car de la famille Motte sur le même terrain de camping que nous au réveil! Après le déjeûner, nous sommes allés leur faire une petite jasette, et ils nous ont appris que le camping-car des Sergent (une famille française extrêmement sympathique), avait été accroché il y a 3 jours alors qu’ils magasinaient… Heureusement, les policiers ont retrouvé le fuyard qui était responsible de l’accident, et apparemment que les dommages seront remboursés, mais c’est toujours désagréable de perdre du temps au poste de police et au garage dans une contrée étrangère! Nous avons ensuite pris la route pour Sorata, et nous avons longé le Lac Titicaca sur plusieurs kilomètres, avec des vues à couper le souffle! Nous avons ensuite traversé le lac par lancha (une sorte de bateau rudimentaire qui embarque un ou deux véhicules pour effectuer la traversée du lac) et nous sommes arrivés au pied du mirador que nous avons escaladé pour mieux apercevoir les montagnes blanches et le canyon extraordinaire de Sorata. Il s’agit probablement du plus beau village de Bolivie! Nous avons acheté des oranges dans la rue, et nous nous sommes promenés dans les rues pour mieux saisir le pouls de l’endroit… Nous avons campé près du terrain de soccer à Sorata (très tranquille) et samedi le 5 juillet, nous étions en route dès 8 heures du matin pour nous rendre à la Grotte San Pedro (elle comporte un lac souterrain), à 12 kilomètres d’ici par une route de terre très accidentée… Nous avons traversé un ruisseau, mais surtout, il y avait des pentes abruptes, des roches sur le chemin, des trous d’eau etc. mais nous sommes finalement arrivés. L’entrée au site est de 15 bolivianos par personne, et le pédalo pour le lac souterrain est de 10 bolivianos. Après avoir visité les lieux pour 40 minutes, nous étions prêts à repartir. Les cavernes au Vénézuéla et en Orégon détiennent encore la palme! Lorsque nous sommes retournés à Sorata, nous avons revu Virginie et Alexis Motte, et nous sommes allés déguster un café avec eux sur une petite terrasse. Nous nous sommes quittés vers midi, et nous sommes retournés dîner au mirador, d’où les montagnes avoisinantes ressemblent aux Alpes enneigées. Après le dîner, nous nous sommes rendus à Tihuanacu, apparemment les ruines pré-Inca les plus importantes de la Bolivie. Comme le site ferme à 4 hres 30 de l’après-midi et qu’il était 5 hres 30 lorsque nous sommes arrivés, nous nous sommes garés au parquéo et nous avons passé une soirée tranquille. Durant la nuit, le thermomètre est descendu à 15 degrés Celsius sous zéro, et au matin, il faisait moins 10 degrés dans le véhicule. Brr… Nous avons essayé de le partir pour mettre le chauffage, mais rien à faire, sans doute en raison de l’altitude (4,000 mètres), la petite Westfalia n’a pas voulu démarrer. Dimanche matin (le 6 juillet) nous sommes allés visiter le site, et nous avons joint un groupe d’Américains arrivés en autobus. Dommage que les conquistadores espagnols aient creusé et profané la pyramide afin d’y trouver de l’or! Nous avons admiré l’énorme statue monolithique se trouvant au musée, mais le reste du site ne semblait pas tellement intéressant, après les sites du Pérou: Sipan, Kuélap, Pisac, Sacsayhuaman et Machu Pichu… Ils ont aussi augmenté les prix d’entrée: en 2007, il en coûtait 3.50$ pour visiter les ruines, et aujourd’hui, le billet est de 12$. Nous sommes repartis vers 11 heures (le soleil a sans doute réchauffé suffisamment le moteur pour que le véhicule daigne enfin repartir) et nous sommes entrés à La Paz pour dîner. Nous avions fait changer les freins à Abancay au Pérou il y a à peine huit cents kilomètres (nous avions acheté les plaquettes originales à Lima) mais il semble que nous ayions encore des problèmes… Les montagnes sont vraiment escarpées ici, j’imagine que cela y est sans doute pour quelque chose! À la Paz, comme nous étions dimanche, tout était fermé ou presque, mais nous avons tout de même pu faire une grosse épicerie et nous avons aussi acheté 3 DVD. Dans la soirée, après nous être régalés de brochettes de poulet et de fraises au caramel, nous nous sommes installés pour regarder le film The Grand Debate, avec Denzel Washington (tout à fait excellent!), mais au bout d’une heure, les piles de l’ordinateur nous ont complètement lâché! Depuis que l’on nous a volé notre convertisseur de 400 watts, il ne me reste que le petit convertisseur de 75 watts, et il ne suffit pas à la tâche puique l’ordinateur consomme 250 watts… Je vous jure que le fait que dans la plupart des pays d’Amérique du Sud, le courant électrique soit 220 plutôt que 110 comme chez-nous au Canada cause vraiment un problème quand on n’a plus accès aux convertisseurs qu’on trouve facilement chez nous… Nous essaierons encore une fois les magasins électroniques ici à La Paz, mais je n’ai plus tellement d’espoir. Il paraît qu’il est plus facile de trouver ce genre de matériel au Chili, alors nous gardons les doigts croisés. Je n’avais jamais considéré à quel point nous sommes chanceux d’avoir accès à l’électricité si facilement dans les pays nord-américains. Ici en Bolivie, plusieurs villages n’ont pas l’eau courante et encore moins l’électricité… Cela fait penser un peu à l’Inde! Lundi le 7 juillet, nous nous proposons de nous rendre au bureau touristique et d’essayer de faire réparer la caméra (elle est tombée à Machu Pichu et l’écran s’est cassé, alors il faut prendre des photos à l’aveugle et on ne peut plus vider la carte). Cela sera ma quatrième caméra depuis le début du voyage: la première a été exposée à une trop forte chaleur, la deuxième a été volée, la troisième a subi une chute! Mais tout cela fait partie des petits enuis en voyage, vraiment rien de grave… Finalement, nous avons acheté une autre caméra, et trouvé des écrous pour les tuyaux du système anti-refroidissement. Cela nous a pris toute la journée… Mardi le 8 juillet, nous avons essayé de partir l’auto pour nous rendre au garage puisque le compteur de kilomètres ne fonctionnait plus, mais comme l’auto ne voulait absolument pas démarrer, nous avons passé beaucoup de temps à essayer de la mettre sur la route, et nous nous sommes rendus de peine et de misère au garage. Ils n’ont rien trouvé, mais ils ont vérifié toutes sortes de choses… Nous sommes retournés au camping, puis nous sommes allés au sauna et à la piscine. Mercredi le 9 juillet, nous avons décidé de ne pas retourner au garage tout de suite, et de passer plutôt du temps pour vérifier nos messages, puisque l’auto ne veut plus repartir… Nous essaierons de trouver une usine pour faire remplir le réservoir de propane, si possible. Jusqu’ici cependant, cela ne semble pas possible, puisque toutes les tiendas et les almacenes (magasins) d’accessoires de propane auxquelles nous nous sommes reférées semblent ne pouvoir nous aider… Il y a des jours comme cela où le Canada me manque, c’est tellement facile pour tout chez nous, alors qu’ici, les gens nous donnent toutes sortes de directions différentes et nous envoient dans tous les sens. Je commence à croire que c’est comme pour l’Inde, où les gens aiment mieux donner une réponse (quitte à dire n’importe quoi) que de dire qu’ils ne savent pas! Jeudi le 10 juillet, Pierre a décidé de retourner au garage en taxi, puisque l’auto ne veut rien savoir de démarrer. Espérons que cette fois-ci, ils pourront faire quelque chose. Je vais essayer de trouver un endroit où je peux connecter mon portable… Au plaisir!

Chinchero, Pilillacta, Desaguedero

Jeudi matin le 26 juin, nous nous sommes rendus à Chinchero, d’autres ruines archéologiques incluses dans le Boleto Touristico. L’église coloniale est très ancienne et typique, mais malheureusement, les photos sont interdites. Nous sommes ensuite retournés à Cusco, où nous avons fait un plein d’essence et plusieurs courses pour l’eau, l’épicerie et le vin… Nous sommes ensuite allés à l’usine de gaz sur la route vers Puno (San Geronimo), mais malheureusement, ils ne pouvaient effectuer le remplissage à cause de notre adapteur de propane différent du Pérou (nous l’avons acheté en Ecuador)! Et comme les véhicules ne sont pas autorisés à entrer à l’intérieur des murs de l’usine, il aurait fallu défaire notre autre réservoir propane fixé au véhicule pour qu’ils vérifient s’il était possible pour eux de le remplir. Et disons que l’homme qui nous a répondu était très désagréable… Nous avons donc continué notre route, en espérant que nous pourrons acheter un adapteur pour la Bolivie et trouver un forgeron qui pourra modifier l’embout du réservoir équatorien… Nous avons ensuite visité le site archéologique de Pikillacta, et après avoir fait environ la moitié de la route Cusco-Puno, nous nous sommes arrêtés à Aguas Calientes, où nous avons profité des eaux thermales avant d’aller dormir. Il fait très froid ici, car nous sommes à une altitude d’environ 4,000 mètres de hauteur. La chaleur élevée des bains est vraiment appréciée… Vendredi le 27 juin, nous avons passé la journée à nous reposer, et nous avons profité des piscines. L’eau médicinale provient des volcans, et heureusement qu’elle est tempérée par de l’eau froide, car elle est bouillante! Nous avons passé une nuit très tranquille, et samedi le 28, nous nous sommes dirigés vers le lac Titikaka, tout près de Puno. Nous avons eu beaucoup de difficultés à trouver un stationnement gardé avant d’aller nous promener le long du lac… Nous avons rencontré un groupe d’archéologues californiens, nous avons fait quelques provisions, et finalement, après nous être fait arrêtés deux fois par les policiers qui essayaient sans succès de nous coller une contravention (ils ne peuvent pas nous donner une contravention juste parce que nous sommes des touristes quand même!), nous avons décidé de quitter Puno. Nous nous sommes dirigés vers Sillustani (site recommandé par les archéologues de Los Angeles), et nous avons visité avec plaisir ce site funéraire comprenant des chulpas de 12 mètres de haut, sur les bord du lac Umayo. Les chulpas sont des tours funéraires cylindriques faits de pierre taillée, où les Cholla enterraient leurs aristocrates. Nous avons campé près du musée (la température est descendu à 4 degrés Celsius sous zéro pendant la nuit), nous avons visité le musée le lendemain matin (dimanche le 30 juin), puis nous nous sommes mis en route vers Arequipa. Nous avons rencontré, quel plaisir, la famille Sergent de France (que nous avions déjà croisée en Équateur à la lagune Quilotoa). Ils ont fait à peu près le même trajet que nous, sauf qu’à Nasca ils ont bifurqué vers Aréquipa plutôt que d’aller vers Cusco, et ils n’ont donc pas visité le Machu Pichu encore. Nous pensions aller au Canyon del Coca comme les Sergent, sauf qu’il n’y a pas de station-service sur 300 km, et le réservoir est déjà à moitié vide… Tant pis, nous tenterons notre chance! C’est tellement agréable de rencontrer des gens si sympathiques qui parlent français! Nous sommes arrivés à Chivay en début de soirée, et des policiers nous ont expliqué qu’il nous fallait payer 70 soles pour continuer. Deux autobus sont passés sans se faire arrêter, mais j’imagine que les passagers étaient péruviens. Dans notre Lonely Planet 2007, il est écrit que cette tactique est un racket, et qu’il faut refuser de payer. Nous avons tous les quatre insistés (je pense qu’Éric et Patricia étaient tout aussi frustrés que nous), et finalement, comme les policiers tenaient mordicus à nous faire payer, nous nous sommes arrêtés pour de l’essence et nous avons dormi en face d’un Hospedaje. Nous n’avons aucun problème avec les péages (il y en a beaucoup au Pérou), avec les prix des musées ou des ruines, mais un billet touristique obligatoire, après une mauvaise route de 82 kilomètres, juste pour passer sur une route de terre et voir un canyon, vraiment cela dépasse les bornes. Lundi matin le 30 juin, nous sommes donc rentrés bredouilles à Aréquipa. Nous avons trouvé un stationnement gardé (10 soles par jour), et nous sommes partis visiter la ville à pied. Nous avons payé 60 soles, à part du guide, pour la visite du couvent Santa Catalina, le plus grand couvent des Amériques. C’était intéressant, mais je ne sais pas, je dois être un peu blasée des églises et des couvents, je n’ai pas vraiment apprécié. Nous avons acheté aujourd’hui un guide français sur la Bolivie, car nous quitterons définitivement le Pérou cette semaine. Nous avons vraiment apprécié Sipan, Huaca de la Luna, Chachapoyas, la laguna Paron, le Machu Pichu et la fête de l’Inti Raymi à Cusco, mais nous ne retrouvons pas chez les gens d’ici l’authenticité que nous avions rencontrée en Colombie et en Ecuador… Le Pérou est aussi plus dispendieux que ses voisins du Nord, car il y a beaucoup de sites touristiques assez chers, les prix sont souvent majorés pour les étrangers, et l’essence est au moins quatre fois plus chère qu’en Équateur. Le Nord du pays est un désert longeant la côte, la Sierra dans le milieu est très belle mais les routes sont parfois difficiles, et le Sud est très touristique, mais il faut avouer que certains sites sont tout à fait uniques (le Machu Pichu entre autres)… Mardi matin le 1er juillet, nous nous sommes dirigés vers Moquegua, une très belle petite ville. Puis nous sommes montés avec le véhicule dans les montagnes sur une très belle route, vers Desaguedero afin d’atteindre la frontière pour le Bolivie. Nous sommes montés jusqu’à 4,608 mètres, et nous sommes arrivés à Desaguedero en soirée. Cette ville-frontière est très triste et très sale, mais malheureusement, nous y étions… Comme Pierre ne voulait pas coucher ici, nous avons continué à la nuit tombée vers Yunguvo, une autre-ville frontière à environ trente ou 40 kilomètres de Desaguedero. Mais plus nous avancions, et plus il devenait difficile de trouver un stationnement pour la nuit… Nous avons donc payé une propina (pourboire) à un passant pour qu’il nous indique un garage (un endroit très sale, en terre battue, avec des poules se promenant au millieu des voitures). Et la dame a doublé le prix qu’elle nous avait indiqué en soirée le lendemain matin… Définitivement, nous réalisons que la pauvreté des paysans les motive à prendre avantage des touristes comme ils peuvent… Nous devrions entrer demain (2 juillet) en Bolivie. Au plaisir!